Le ministre de la Santé, Roger Kamba, a confirmé la libération d’un bateau immobilisé depuis vendredi 7 août sur le fleuve Congo, à environ 65 kilomètres de Kinshasa. L’embarcation avait été retenue après le signalement d’un décès à bord, faisant craindre un risque sanitaire. Les analyses menées sur sept passagers symptomatiques se sont révélées négatives, écartant ainsi une menace épidémique immédiate. Cette décision, fondée sur des preuves biologiques, illustre une approche de précaution qui privilégie la vérification scientifique.
Des tests négatifs qui lèvent le doute
Dans un entretien accordé dimanche 9 août à Actualite.Cd, Roger Kamba a détaillé la chronologie des opérations. « Nous avons fait arrêter le bateau et évalué tous les passagers », a-t-il expliqué. Sept personnes présentaient des signes cliniques, mais ceux-ci correspondaient à des affections courantes sans caractère alarmant. Par précaution, elles ont été soumises à des examens biologiques. « Les résultats se sont tous révélés négatifs », a précisé le ministre, justifiant ainsi la décision de libérer le bateau. Cette issue rassurante montre que les symptômes observés n’étaient pas liés à une maladie contagieuse nécessitant une quarantaine prolongée.
Un dispositif permanent à 65 kilomètres de Kinshasa
Malgré ce dénouement rassurant, les autorités sanitaires ne relâchent pas leur vigilance. Un poste de contrôle fixe a été établi à la même distance de la capitale, sur le fleuve Congo. Désormais, tous les bateaux qui descendent vers Kinshasa devront s’y arrêter pour un contrôle systématique des passagers. « Tous sans exception », a insisté Roger Kamba, soulignant la volonté d’empêcher toute introduction de maladie par cette voie fluviale très fréquentée. Ce point de contrôle agit comme un filtre sanitaire en amont de la ville, permettant d’évaluer l’état de santé des voyageurs avant leur arrivée. Pour les usagers du fleuve, cela signifie un allongement du temps de trajet, mais aussi une garantie de sécurité collective.
Un formulaire sanitaire pour renforcer la surveillance
Pour consolider ce maillage préventif, le ministère de la Santé s’apprête à introduire, dès la semaine prochaine, un nouveau document destiné aux équipages et aux voyageurs. Ce formulaire devra indiquer l’heure de départ, le nombre de personnes embarquées et tout problème de santé susceptible d’intéresser la santé publique. Selon le ministre, cette mesure vise à bâtir une surveillance « beaucoup plus robuste » du trafic fluvial à destination de Kinshasa. L’objectif est de détecter précocement d’éventuels signaux sanitaires avant qu’ils n’atteignent la ville. Concrètement, chaque bateau devra fournir ces informations, ce qui permettra aux autorités de retracer rapidement les contacts en cas de suspicion. Cette traçabilité administrative complète les contrôles physiques et renforce la capacité de réaction du système de santé.
En combinant contrôles physiques et traçabilité administrative, les autorités entendent réduire les risques liés aux déplacements sur le fleuve Congo, axe vital pour les populations et le commerce. La libération du bateau, après des résultats négatifs, illustre une approche fondée sur la vérification scientifique plutôt que sur la suspicion prolongée. Pour les voyageurs, ces mesures se traduiront par des procédures plus strictes mais aussi par une meilleure protection contre d’éventuelles épidémies. Le ministre a tenu à rassurer : les contrôles ne visent pas à entraver la circulation, mais à la sécuriser. À terme, ce dispositif pourrait servir de modèle pour d’autres points d’entrée du pays, même si aucune annonce officielle n’a été faite en ce sens.
Article Ecrit par Amissi G
Source: radiookapi.net
