La reprise du trafic sur la rivière Lomami, après plus de deux mois d’interruption, redonne un souffle économique aux territoires de Kabinda et Lubao. Depuis le lundi 3 août, le bac Makole, réhabilité de manière provisoire, permet à nouveau la traversée des véhicules et des marchandises, mettant fin à un enclavement qui avait durement frappé les populations locales.
Une panne aux lourdes conséquences pour les échanges
Pendant plus de deux mois, la panne du bac Makole a paralysé le trafic sur la rivière Lomami, un axe vital pour les échanges entre les territoires de Kabinda et Lubao. Les transporteurs et opérateurs économiques, privés de leur moyen de traversée habituel, ont dû se tourner vers des pirogues pour acheminer leurs marchandises. Cette solution de fortune a entraîné une hausse significative des coûts de transport, qui s’est répercutée directement sur les prix des produits dans les zones concernées. Les habitants de Lubao, en particulier, ont subi de plein fouet cette situation, avec un renchérissement des biens de première nécessité et un isolement croissant.
Le témoignage d’un habitant de Lubao
Stanis Kasongo, un habitant de Lubao, a exprimé son soulagement après avoir effectué la traversée lundi avant-midi. « Nous venons de traverser notre petit véhicule ce jour. Sur le plan économique, Lubao connaissait une vie atroce, car les marchandises, on les achetait à un prix vraiment exorbitant. Les véhicules ne fréquentaient plus Lubao. Lubao était totalement enclavé. Le bac de Kasongo en panne, celui de Lubao en panne, donc il n’y avait plus moyen d’acheter les marchandises à bas prix », a-t-il déclaré. Ce témoignage illustre l’impact concret de la panne sur le quotidien des populations, qui ont vu leur pouvoir d’achat s’éroder et leur accès aux produits se réduire.
Une solution provisoire en attendant de nouveaux moteurs
Selon l’Office des routes, la remise en service du bac Makole repose sur une intervention technique temporaire : les deux moteurs ont fait l’objet d’un segmentage, une réparation qui permet de relancer le trafic sans remplacer les équipements défaillants. Cette solution, bien que provisoire, a le mérite de désenclaver rapidement les territoires de Lubao et Kabinda, en attendant l’acquisition de nouveaux moteurs. Elle offre un répit aux transporteurs, qui peuvent de nouveau faire circuler leurs camions, et aux commerçants, qui retrouvent progressivement leurs circuits d’approvisionnement.
Un impact économique immédiat mais fragile
La reprise du trafic sur la rivière Lomami a des effets immédiats sur l’économie locale. Les camions immobilisés de part et d’autre de la rivière peuvent désormais circuler, ce qui devrait contribuer à une baisse progressive des prix des marchandises, après des semaines de flambée. Cependant, le caractère temporaire de la réparation laisse planer une incertitude sur la pérennité de cette amélioration. Si les nouveaux moteurs tardent à être acquis, les territoires de Kabinda et Lubao pourraient de nouveau faire face à un enclavement, avec les mêmes conséquences sur les coûts de transport et l’accès aux biens. La situation rappelle l’importance d’investir dans des infrastructures de transport fiables pour soutenir l’activité économique et le pouvoir d’achat des ménages.
Article Ecrit par Amissi G
Source: radiookapi.net
