Les commerçants du marché Mzee Kabila, au cœur de Lubumbashi, font face à une échéance décisive. Les autorités provinciales du Haut-Katanga leur ont donné jusqu’au 20 août prochain pour quitter les lieux. Cette mesure, annoncée à l’issue d’une réunion présidée jeudi par le gouverneur intérimaire Martin Kazembe, vise à libérer le site pour un projet de reconstruction. Un marché moderne doit y être érigé, mais pour de nombreux vendeurs, cette délocalisation temporaire soulève des craintes économiques immédiates.
Un redéploiement vers quatre marchés de la ville
Selon les résolutions adoptées lors de la rencontre, les dizaines de milliers de vendeurs concernés seront orientés vers plusieurs infrastructures existantes. Le marché central de la Ruashi, le marché de Kamalondo, le marché Kaseba et le marché de la Plaine, dans la commune de Kampemba, sont les sites désignés pour les accueillir. Ce redéploiement doit permettre de maintenir une activité commerciale pendant la durée des travaux, mais il implique pour les commerçants de s’adapter à de nouveaux emplacements, souvent moins centraux que le marché Mzee Kabila.
Des inquiétudes pour la clientèle et les revenus
La perspective de ce déplacement provoque des réticences chez une partie des vendeurs. Leur principale préoccupation est la baisse potentielle de la fréquentation de leur clientèle. Installés depuis longtemps au centre-ville, ils bénéficient d’un flux régulier d’acheteurs. Un déménagement, même provisoire, pourrait perturber ces habitudes et entraîner une diminution des recettes. Cette crainte est d’autant plus vive que la période coïncide avec l’approche de la rentrée scolaire, un moment où les charges familiales augmentent sensiblement. Pour ces commerçants, la stabilité des revenus est un enjeu crucial.
Un projet déjà source de tensions
Le projet de reconstruction du marché Mzee Kabila n’est pas nouveau et a déjà suscité des remous. Ces derniers mois, des commerçants s’étaient mobilisés en se rendant à l’Assemblée provinciale du Haut-Katanga. Ils y avaient déposé un mémorandum pour exprimer leurs préoccupations et revendications. Cette démarche témoigne d’un dialogue tendu entre les autorités et les occupants du marché, qui redoutent les conséquences d’un chantier sur leur outil de travail. Malgré ces réserves, le gouverneur intérimaire Martin Kazembe a appelé les vendeurs à la compréhension et à la collaboration, soulignant la nécessité de moderniser les infrastructures commerciales de la ville.
Le calendrier fixé par les autorités provinciales reste maintenu. L’objectif est de libérer le site avant le lancement des travaux du futur marché moderne. Pour les commerçants, l’équation est simple : s’adapter à une délocalisation temporaire en espérant que le nouveau marché, une fois construit, leur offrira de meilleures conditions d’activité. En attendant, l’incertitude pèse sur leurs revenus à court terme, dans un contexte économique déjà tendu pour de nombreux ménages de Lubumbashi.
Article Ecrit par Amissi G
Source: radiookapi.net
