Le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) a annoncé, jeudi 6 août dans la soirée, avoir facilité la remise de quinze personnes libérées par les autorités congolaises à l’AFC/M23. Cette opération, menée en qualité d’intermédiaire neutre, constitue la première mise en œuvre concrète de l’engagement relatif à la libération des détenus pris dans le cadre du processus de paix de Doha. Conclu le 17 avril 2026 à Montreux, en Suisse, cet accord vise à instaurer des mesures de confiance entre les parties engagées dans les négociations pour une désescalade durable du conflit dans l’est de la République démocratique du Congo.
Un transfert sécurisé via l’Ouganda
Selon des sources sécuritaires, les quinze personnes concernées ont volontairement accepté de participer à cette opération. Elles ont quitté la ville de Beni dans la soirée du 6 août avant d’être acheminées par convoi à travers l’Ouganda. Le lendemain matin, elles ont été remises à l’AFC/M23 dans le territoire de Rutshuru, au Nord-Kivu. Le CICR précise avoir conduit cette mission en coordination avec les autorités sanitaires compétentes et dans le strict respect des mesures de prévention contre Ebola. Cette précaution sanitaire est essentielle dans une région où la maladie à virus Ebola reste une menace, et elle illustre comment les opérations humanitaires doivent intégrer les protocoles de santé publique pour protéger à la fois les personnes déplacées et les communautés d’accueil.
Un mécanisme de libération plus large
Des sources proches du processus de Doha affirment que le mécanisme de libération concerne au total 311 personnes réclamées par l’AFC/M23 ainsi que 166 détenus liés au gouvernement congolais. Cette première opération pourrait donc ouvrir la voie à d’autres libérations prévues dans les engagements conclus entre les parties. Pour l’organisation humanitaire, chaque étape franchie renforce la confiance et crée un précédent pour la suite des négociations. Le CICR souligne qu’elle est intervenue exclusivement en qualité d’intermédiaire neutre, chargé de faciliter le transport sécurisé et la remise des personnes libérées. Ce rôle est crucial dans des contextes de conflit où la méfiance entre les parties peut bloquer toute avancée humanitaire.
Une mesure de confiance pour la paix
Cette initiative est perçue comme une mesure de confiance susceptible d’accompagner les efforts diplomatiques en cours dans le cadre du processus de paix de Doha. Alors que les discussions se poursuivent pour parvenir à une désescalade durable du conflit dans l’est de la RDC, la libération de détenus représente un geste concret qui peut apaiser les tensions. Pour les familles concernées, ces retours sont un soulagement, mais ils s’inscrivent aussi dans une dynamique plus large de réconciliation. Le respect des mesures sanitaires, comme celles liées à Ebola, montre que les aspects humanitaires et de santé publique sont indissociables du processus de paix. Le CICR, en tant qu’intermédiaire neutre, facilite ces opérations sans prendre parti, ce qui est essentiel pour maintenir la crédibilité de l’action humanitaire et encourager les parties à respecter leurs engagements.
Article Ecrit par Amissi G
Source: radiookapi.net
