La fréquentation de l’Hôpital général de référence (HGR) de Kibirizi, dans le territoire de Rutshuru, a nettement diminué depuis la mise en place d’une unité d’isolement pour d’éventuels cas d’Ebola. De nombreux habitants hésitent à s’y rendre, craignant d’être systématiquement placés en isolement. Pourtant, les autorités sanitaires rappellent que cette structure vise à protéger la population et non à restreindre l’accès aux soins.
Pourquoi une unité d’isolement à Kibirizi ?
L’unité d’isolement a été créée pour renforcer la prévention et le contrôle de l’épidémie d’Ebola. Elle permet de prendre en charge rapidement tout cas suspect, tout en évitant la propagation du virus. L’infirmier superviseur de la zone de santé de Kibirizi, Jérémie Malimingi, insiste sur le fait que tous les patients ne sont pas admis dans cette unité. « Vous ne serez pas placé en isolement par complaisance. Une évaluation médicale est d’abord réalisée », précise-t-il. Cette évaluation permet de déterminer si les symptômes correspondent à la définition d’un cas suspect d’Ebola.
L’isolement, un outil de soins et de protection
Jérémie Malimingi invite la population à ne pas garder les malades à domicile par peur de l’isolement. Il rappelle qu’un retard dans la prise en charge médicale peut aggraver l’état des patients et compromettre leurs chances de guérison. « L’isolement n’est pas un mouroir. Il sauve des vies. Il permet de soigner les malades dans les meilleures conditions tout en protégeant leurs proches et la communauté », explique-t-il. L’isolement consiste à séparer les personnes présentant des symptômes évocateurs d’Ebola des autres patients, afin de leur prodiguer des soins adaptés tout en limitant les risques de transmission.
Des mesures de contrôle rassurantes à l’entrée de l’hôpital
Pour rassurer la population, Jérémie Malimingi souligne que des dispositifs de contrôle sont en place à l’entrée de l’HGR de Kibirizi. Il appelle notamment les habitants à ne pas craindre le contrôle de température effectué au thermoflash. Ce geste simple consiste à prendre la température à distance, sans contact physique. Il s’agit d’un outil de dépistage destiné à détecter rapidement d’éventuels symptômes et à renforcer la sécurité des patients, du personnel soignant et de la communauté. Ces mesures ne signifient pas que toute personne fiévreuse sera isolée, mais elles permettent d’identifier les cas nécessitant une évaluation plus poussée.
Un appel à fréquenter l’hôpital sans crainte
Les autorités sanitaires exhortent la population de la zone de santé de Kibirizi à continuer de fréquenter normalement l’Hôpital général de référence. L’objectif est de garantir à chacun une prise en charge médicale sans retard, que ce soit pour le paludisme, les infections respiratoires, les accouchements ou toute autre pathologie. En évitant l’hôpital par crainte de l’isolement, les malades s’exposent à des complications qui pourraient être évitées. L’unité d’isolement ne doit pas être perçue comme une menace, mais comme un dispositif de protection collective.
Article Ecrit par Amissi G
Source: radiookapi.net
