La tête d’érosion de Kenge Yaba, connue localement sous le nom de Libulu ya Kisimbi, continue de progresser dans la cité de Muanda, suscitant l’inquiétude des spécialistes de l’environnement. Active depuis plus de vingt ans, cette érosion menace les habitations, les infrastructures publiques et les populations riveraines. À l’approche de la saison des pluies, les experts redoutent une aggravation de la situation si des mesures urgentes ne sont pas prises.
Un phénomène ancien qui gagne du terrain
Chaque année, le ravin de Kenge Yaba grignote du terrain, alimentant les craintes de nouveaux dégâts matériels et environnementaux. Pour les spécialistes, l’entretien des ouvrages réalisés par le passé est désormais une priorité afin d’éviter une reprise de l’érosion à grande échelle. Honoré Bowana Bokili, spécialiste de l’environnement, rappelle que le gouvernement avait déjà investi dans la construction de caniveaux destinés à canaliser les eaux de ruissellement et à réduire les risques d’érosion.
Des caniveaux mal entretenus, un risque aggravé
Selon Honoré Bowana Bokili, les caniveaux construits en matériaux durables sont aujourd’hui mal entretenus, remplis de sable et envahis par des herbes sauvages. Il explique que cette absence d’entretien pourrait compromettre les efforts déjà consentis et exposer davantage les populations aux conséquences des fortes pluies. « À l’approche de la saison des pluies, les autorités locales sont appelées à prendre des dispositions pour procéder au curage de ces caniveaux et permettre un écoulement normal des eaux. Faute d’intervention, l’érosion risque de réapparaître à certains endroits et nous ramènerait à la situation initiale », prévient-il.
La responsabilité citoyenne en cause
Contacté par Radio Okapi, l’administrateur du territoire adjoint chargé de l’Économie, des Finances et du Développement à Muanda, Christophe Bietu Ntambue, estime que les dégâts observés ne sont pas uniquement liés à l’érosion naturelle. Selon lui, les comportements de certains habitants contribuent également à la dégradation de l’environnement. Il cite notamment le déversement des déchets dans les caniveaux, une pratique qui obstrue l’écoulement normal des eaux de pluie et favorise les inondations ainsi que l’apparition de nouvelles érosions. L’autorité territoriale invite ainsi la population à adopter des comportements plus responsables pour préserver les infrastructures existantes, protéger la santé publique et réduire les risques environnementaux.
Agir avant les pluies pour protéger Muanda
Alors que la saison des pluies approche, experts et autorités locales s’accordent sur un point : seule une combinaison d’actions préventives, d’entretien régulier des ouvrages de drainage et de sensibilisation de la population permettra de freiner l’avancée de l’érosion de Kenge Yaba et de protéger durablement les habitants de Muanda. L’enjeu est de taille pour cette cité côtière, où la progression du ravin pourrait avoir des conséquences graves sur le cadre de vie et la sécurité des personnes.
Article Ecrit par Amissi G
Source: radiookapi.net
