La démolition du marché de chaque jour à Kimpese, intervenue le jeudi 6 août, laisse des dizaines de commerçants sans lieu de vente et sans perspective claire de réinstallation. Menée par les services de l’administration territoriale de Songololo, dans la province du Kongo Central, cette opération vise officiellement à libérer les emprises publiques pour ouvrir une route de secours et désengorger la circulation. Mais sur le terrain, l’absence de solution de recasement immédiate soulève des inquiétudes économiques concrètes pour les ménages qui dépendaient de ce marché.
Une opération justifiée par la mobilité urbaine
L’administrateur du territoire de Songololo, Évariste Kazadi, défend cette décision par la nécessité d’améliorer la mobilité dans une cité en pleine croissance. Le marché, situé entre les quartiers Deux Bis et Trois, occupait un espace stratégique régulièrement embouteillé, surtout aux heures de pointe. Selon l’administration territoriale, un préavis avait été accordé aux occupants, conformément aux procédures. L’opération a été exécutée par le Service de l’Aménagement du Territoire, avec l’appui des services de l’Urbanisme et Habitat.
Des commerçants divisés sur le préavis
Sur place, les versions divergent. Certains vendeurs affirment n’avoir reçu aucun avis officiel avant la démolition. D’autres reconnaissent avoir été informés deux mois auparavant, mais déplorent l’absence d’une véritable sensibilisation. Au-delà de la forme, c’est l’avenir économique immédiat qui les préoccupe. « Ils ont cassé, mais où est-ce qu’on va vendre maintenant ? Nos enfants mangent quoi demain ? », s’interrogent-ils. Ces questions traduisent une perte de revenus brutale pour des familles dont l’activité dépendait entièrement de ce marché.
L’urgence d’un site de recasement
Les commerçants demandent aux autorités de prévoir un site de réinstallation et un accompagnement avant toute destruction. Pour l’heure, aucune communication officielle n’a précisé le lieu ni la date de cette réinstallation. Ce flou aggrave l’incertitude économique : sans point de vente, ces petits commerçants risquent de perdre leur clientèle et leurs stocks, avec des conséquences en chaîne sur leurs capacités à subvenir aux besoins de leurs ménages.
Un équilibre à trouver entre urbanisme et survie économique
La décision de l’administration territoriale répond à un besoin réel d’infrastructure dans une cité en expansion. Mais elle illustre aussi la tension fréquente entre projets d’aménagement et protection des activités économiques informelles. À Kimpese, l’absence de plan de recasement clair transforme une opération d’utilité publique en un choc pour des dizaines de familles. La réinstallation des commerçants, si elle tarde, pourrait fragiliser durablement le tissu économique local, déjà dépendant de ces petits marchés de quartier.
Article Ecrit par Amissi G
Source: actu30.cd
