Le commandement de la 11ᵉ Région militaire des Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) a annoncé, mercredi 5 août, le transfèrement à l’auditorat militaire d’un soldat de deuxième classe poursuivi pour le viol présumé d’une adolescente de 14 ans à Kasongo-Lunda, dans la province du Kwango. Cette décision, communiquée par le général de brigade Moyo Rabbi Richard, commandant intérimaire de la région militaire, marque une nouvelle étape dans une affaire qui avait suscité l’émoi au sein de la population locale.
Une interpellation après des semaines de cavale
Les faits présumés ont été révélés à la suite d’une plainte introduite par une structure féminine locale, dont l’identité n’a pas été divulguée par les autorités militaires. Selon la 11ᵉ Région militaire, le militaire mis en cause avait pris la fuite après les faits, entamant une cavale de plusieurs semaines dans cette zone frontalière avec la République d’Angola. Il a finalement été interpellé le 2 août, avant d’être transféré à l’auditorat militaire en vue de l’ouverture des poursuites judiciaires. Ce transfèrement constitue le préalable à la comparution du prévenu devant la justice militaire.
Une audience foraine pour une justice de proximité
Afin de garantir la transparence de la procédure et de rapprocher la justice des populations, les autorités militaires annoncent l’organisation d’une audience foraine à Kasongo-Lunda. Le prévenu devra y répondre des faits qui lui sont reprochés. Cette initiative vise à démontrer la détermination de l’armée à lutter contre l’impunité, en permettant aux communautés affectées de suivre le déroulement du procès. Le choix d’une audience foraine souligne la volonté du commandement de la 11ᵉ Région militaire d’inscrire cette affaire dans un cadre de responsabilité publique.
La politique de tolérance zéro réaffirmée
Le général Moyo Rabbi Richard a tenu à rappeler que « la responsabilité pénale est individuelle », précisant que les actes reprochés à un militaire ne sauraient être imputés à l’ensemble de l’institution. Il réaffirme ainsi la politique de tolérance zéro des FARDC face aux violences sexuelles, un engagement régulièrement mis en avant par la hiérarchie militaire. L’armée congolaise rappelle son attachement à la protection des enfants, au respect des droits humains et à la sécurité des populations civiles. Elle assure que tout militaire présumé auteur de violences sexuelles sera traduit devant les juridictions compétentes afin que la loi soit appliquée « avec toute la rigueur requise ».
Cette affaire intervient dans un contexte où les violences sexuelles commises par des éléments des forces de sécurité restent une préoccupation majeure en République démocratique du Congo. Le transfèrement du soldat à l’auditorat militaire et l’annonce d’une audience foraine constituent des signaux adressés tant aux populations qu’aux partenaires engagés dans la lutte contre l’impunité. La suite de la procédure sera scrutée de près, alors que les autorités militaires entendent démontrer que nul ne saurait échapper à la rigueur de la loi.
Article Ecrit par Cédric Botela
Source: radiookapi.net
