L’aube du jeudi 6 août s’est levée sur un campus universitaire figé. À l’Université de Kindu, dans la province du Maniema, les grilles principales sont restées closes, barrées par des obstacles de fortune. Des silhouettes en blouse, agents du personnel administratif, technique et ouvrier, montent la garde. Leurs voix portent dans la moiteur matinale : pas de cérémonie sans le règlement des arriérés. La collation des grades académiques et la clôture de l’année 2025-2026, prévues ce jour, n’auront pas lieu.
Un campus sous tension dès l’aurore
Dès les premières heures, le mouvement de grève du PATO a pris une forme concrète. Des barricades ont été érigées pour bloquer l’accès principal au site universitaire. Les agents réclament le paiement de deux tranches de primes locales restées impayées, sur un total de six convenues pour l’année académique en cours. Selon les représentants du personnel, cette situation est l’aboutissement de plusieurs mois de discussions restées sans solution définitive. L’image est forte : une institution du savoir paralysée par les revendications de ceux qui en assurent le fonctionnement quotidien.
La voix de Willy Baruti Mungomba
Willy Baruti Mungomba, porte-parole du personnel, a détaillé les griefs. Il affirme que quatre tranches ont déjà été versées, mais que les deux dernières restent dues. « Nous avons convenu qu’on nous paie six tranches pour l’année académique 2025-2026. On nous a déjà payé quatre tranches, il reste deux tranches », a-t-il expliqué. Son ton est ferme : les agents avaient demandé que cette question soit réglée avant la cérémonie. « S’il n’y a pas l’argent, nous ne pouvons pas avoir la collation », a-t-il ajouté. Ces mots résonnent comme un ultimatum, posant la condition sine qua non à la reprise du calendrier académique.
Un report sans horizon
Face à ce mouvement de protestation, la cérémonie de collation des grades et la clôture de l’année académique ont été reportées. Aucune nouvelle date n’a été annoncée, laissant les étudiants et leurs familles dans l’expectative. L’Université de Kindu, poumon éducatif du Maniema, voit ainsi son rythme brisé par une crise qui dépasse les seuls murs du campus. Elle interroge la capacité des autorités à honorer leurs engagements envers le personnel, maillon essentiel de la vie universitaire.
Dans le silence des salles vides, une question flotte : quand les primes locales seront-elles débloquées ? La réponse déterminera non seulement la tenue de la cérémonie, mais aussi la confiance d’une communauté éducative tout entière.
Article Ecrit par Yvan Ilunga
Source: radiookapi.net
