L’arrivée à Kinshasa du cycliste Miguel Masaïsaï, ce mercredi 5 août 2026, marque une étape symbolique dans son périple « Pedals for Peace ». Parti de Goma le 1er mai, il a parcouru 6 500 kilomètres pour porter un message de paix, d’unité et de respect de la jeunesse africaine. Au-delà de l’exploit sportif, son initiative interroge sur la capacité des institutions à répondre à l’aspiration citoyenne à la paix, en particulier dans l’Est de la République démocratique du Congo.
Un accueil populaire et institutionnel à Kinshasa
Dès son entrée dans la capitale, Miguel Masaïsaï a été escorté depuis Maluku par des cyclistes amateurs et professionnels, ainsi que par des sportifs de Goma présents à Kinshasa. Ce cortège spontané témoigne de l’écho rencontré par sa démarche auprès de la population. Le président de l’Entente urbaine de cyclisme de Kinshasa/Lukunga, Abraham Lwakabwanga, l’a accueilli près de l’aéroport international de N’Djili, premier jalon d’une journée qui l’a ensuite mené au Palais du Peuple.
Un plaidoyer porté jusqu’au Palais du Peuple
Au Palais du Peuple, le cycliste a été reçu par le président du Conseil national de la jeunesse, Claude Mbuyi, en présence de nombreux jeunes et acteurs de la société civile. Ce cadre institutionnel a donné une résonance particulière à son message. Miguel Masaïsaï a partagé les enseignements de sa traversée du pays : « J’ai quitté Goma et j’ai traversé plusieurs provinces de notre pays. J’ai vu un Congo où les peuples s’unissent, où les peuples aiment l’autre. Et voilà, c’est ça notre pays. » Ces mots soulignent un contraste entre la réalité des conflits dans l’Est et l’unité observée ailleurs, renforçant l’urgence d’une réponse politique.
La voix des populations de l’Est portée aux autorités
Miguel Masaïsaï a affirmé avoir reçu, tout au long de son parcours, de nombreux encouragements pour le retour de la paix dans l’Est. Il a expliqué : « Beaucoup de gens, partout où je suis passé, nous ont encouragés pour que la paix revienne dans la partie Est de notre pays. » Son passage à Kinshasa est ainsi devenu un relais entre ces populations et les dirigeants nationaux. « J’avais fait une promesse à mes frères et sœurs de l’Est de notre pays qu’une fois à Kinshasa, je porterais leur voix et dirais qu’ils ont besoin de la paix là-bas », a-t-il déclaré. Son geste symbolique de se mettre à genoux devant le Palais du Peuple a incarné cette supplique collective.
Un appel direct au chef de l’État
Dans une adresse empreinte d’émotion, le cycliste a exhorté les autorités à poursuivre leurs efforts : « Chères autorités, s’il vous plaît, nous la jeunesse, nous les Congolais, nous n’avons besoin que de la paix. Cher Président de la République, à l’Est du Congo, les gens sont fiers de vous, les gens vous aiment, mais ils m’ont envoyé pour une seule chose : vous dire qu’ils ont besoin de la paix. » Cette interpellation directe met en lumière le rôle attendu de l’exécutif dans la résolution des crises, tout en rappelant le lien de confiance entre les citoyens et leurs dirigeants. La jeunesse, par la voix de Miguel Masaïsaï, se positionne comme un acteur de plaidoyer, exigeant des résultats concrets.
Le cycliste a tenu à préciser que son arrivée à Kinshasa ne marque pas la fin de son voyage : « Nous sommes en route vers Rabat. Kinshasa, c’est la deuxième partie du parcours. Après Kinshasa, la route continue. Rabat, on arrive ! » Cette détermination, après plus de trois mois d’efforts et 6 500 kilomètres, illustre la persévérance nécessaire pour maintenir la paix à l’agenda public. En remerciant ses soutiens et en appelant à continuer à l’accompagner, Miguel Masaïsaï transforme son exploit individuel en une dynamique collective, où chaque kilomètre devient un plaidoyer pour la cohésion nationale.
Article Ecrit par Chloé Kasong
Source: radiookapi.net
