Dix corps en état de décomposition ont été découverts le mercredi 5 août dans une église des Frères en Christ à Munguiko, en territoire de Mambasa, dans la province de l’Ituri. Selon des sources locales, ces personnes auraient été tuées lors d’une attaque attribuée aux combattants présumés des ADF, survenue dans la nuit du 30 au 31 juillet.
Les victimes participaient à une veillée de prière lorsqu’elles ont été surprises par les assaillants, avant d’être tuées à l’intérieur du lieu de culte. Le bilan pourrait s’alourdir, plusieurs habitants restant introuvables depuis cette attaque, tandis que d’autres seraient encore retenus en captivité par les présumés rebelles. Cette attaque contre un rassemblement religieux souligne la vulnérabilité persistante des civils dans cette zone où les groupes armés continuent d’opérer.
Un second corps découvert sur l’axe Makumo–Mantumbi
Le même mercredi, un autre corps a été retrouvé sur l’axe Makumo–Mantumbi. Il s’agit de Katembo Mutsopi Vianney, qui aurait été tué lors d’une attaque des ADF le 27 juillet dernier dans la zone. Cette découverte porte à onze le nombre de corps retrouvés en lien avec les récentes violences attribuées aux ADF dans le territoire de Mambasa. La multiplication des découvertes macabres en quelques jours illustre l’intensité de la menace qui pèse sur les populations locales, contraintes de vivre avec la crainte de nouvelles exactions.
Appel à la vigilance de la société civile
Face à cette situation sécuritaire préoccupante, Kakule Malikidogo, de l’Association pour la promotion et la défense des droits de l’enfant et de la femme (APDEF) à Mambasa, appelle la population à redoubler de vigilance. Il souligne que les ADF restent actifs dans la région, malgré les opérations militaires en cours. Cet appel intervient alors que les habitants de Munguiko et des localités voisines sont plongés dans l’angoisse, certains redoutant de nouvelles attaques contre des lieux de culte ou des rassemblements communautaires.
Absence de communication officielle des autorités militaires
Au moment de la rédaction de cet article, les autorités militaires n’avaient pas encore communiqué officiellement sur ces nouvelles découvertes. L’absence de bilan officiel et de détails sur les circonstances exactes des attaques laisse les populations locales dans l’incertitude et l’inquiétude. Ce silence contraste avec la gravité des faits et alimente les interrogations sur la capacité des forces de sécurité à protéger les civils dans cette partie de l’Ituri.
Ces événements rappellent la persistance de la menace des groupes armés dans la province de l’Ituri, où les civils sont régulièrement pris pour cible. La découverte macabre de Munguiko illustre la vulnérabilité des communautés locales, en particulier lors de rassemblements religieux, et la difficulté pour les forces de sécurité à prévenir de telles attaques. Alors que les recherches se poursuivent pour retrouver les personnes disparues, la société civile insiste sur la nécessité d’un renforcement des mesures de protection et d’une communication transparente des autorités.
Article Ecrit par Cédric Botela
Source: actu30.cd
