À Matadi, chef-lieu du Kongo Central, le ministre d’État en charge du Plan, Guylain Nyembo, a porté un message clair : sans données démographiques fiables, la planification du développement reste un exercice à l’aveugle. En campagne de sensibilisation pour le Deuxième Recensement général de la population et de l’habitat (RGPH-2), il a rencontré les autorités provinciales et les forces vives pour expliquer les enjeux concrets de cette opération nationale.
Des données pour sortir de l’approximation
Devant le gouverneur Grâce Bilolo et les représentants de la société civile, Guylain Nyembo a insisté sur le lien direct entre la qualité des statistiques et l’efficacité des politiques publiques. « Une province ne peut planifier efficacement son développement sans données fiables. Les données sont le point de départ du développement », a-t-il déclaré. Le RGPH-2 doit fournir des chiffres actualisés sur la population, sa répartition géographique, ses besoins en infrastructures et ses potentialités économiques. Pour le Kongo Central, province stratégique par sa position de corridor commercial, ces informations sont cruciales pour dimensionner les investissements en routes, écoles ou centres de santé.
L’adhésion des communautés, clé de la réussite
Le ministre a appelé les leaders communautaires, les confessions religieuses et les citoyens à s’approprier le processus. L’objectif est d’éviter les résistances ou les fausses déclarations qui fausseraient les résultats. La campagne, menée avec l’appui technique et financier de l’UNFPA, se déploie dans plusieurs provinces pour expliquer le déroulement du recensement et rassurer les populations sur la confidentialité des données collectées. À Matadi, les échanges ont porté sur les bénéfices pratiques : une meilleure allocation des budgets, une représentation politique ajustée et des programmes sociaux mieux ciblés.
Un outil pour les ménages et les entreprises
Au-delà des institutions, le RGPH-2 aura des répercussions sur la vie quotidienne. Des données précises sur la densité de population permettent de planifier les réseaux d’eau et d’électricité, d’anticiper les besoins en logements ou de localiser les marchés. Pour les opérateurs économiques, ces statistiques réduisent l’incertitude et facilitent les décisions d’investissement. Le Kongo Central, avec son port de Matadi et son potentiel agricole, pourrait ainsi attirer davantage de projets si les chiffres confirment la taille et la structure de son marché intérieur.
La mobilisation observée à Matadi montre une prise de conscience des autorités locales, mais le défi reste de convaincre chaque habitant de participer. Le succès du recensement conditionnera la capacité de la province à négocier des ressources et à défendre ses priorités dans les arbitrages nationaux.
Article Ecrit par Amissi G
Source: actu30.cd
