Dans la nuit du mardi 4 au mercredi 5 août, un incendie a éclaté dans le quartier Tamende, à Beni, au Nord-Kivu. Le feu, parti d’un court-circuit dans un dépôt de boissons alcoolisées, a rapidement menacé les habitations et commerces alentour. Si aucune victime n’est à déplorer, ce sinistre ravive une question lancinante : pourquoi la ville de Beni reste-t-elle sans camion anti-incendie, malgré une série noire de 15 incendies depuis janvier 2026 ?
La MONUSCO en première ligne, un palliatif qui interroge
Face à l’urgence, ce sont une fois de plus les Casques bleus de la MONUSCO qui sont intervenus. Leur camion anti-incendie, basé à l’aéroport de Mavivi à une douzaine de kilomètres, a été dépêché sur place. « En moins de 20 minutes, le camion anti-incendie de la MONUSCO est arrivé (…) et nous a une fois de plus beaucoup aidés », a déclaré Jean-Paul Kapitula, coordonnateur de la Protection civile à Beni. Une réactivité saluée, mais qui souligne une dépendance chronique. Les véhicules de la mission onusienne sont en effet destinés à sécuriser l’aéroport, non à suppléer les carences des services locaux. En attendant les renforts, des volontaires et agents de la Protection civile ont dû se contenter de prodiguer des conseils techniques aux riverains pour tenter de contenir les flammes.
Quinze incendies en huit mois : l’alerte ignorée de la Protection civile
Ce nouvel incendie porte à 15 le nombre de sinistres recensés à Beni depuis le début de l’année 2026, soit une moyenne de plus de deux par mois, selon les chiffres de la Protection civile. Une fréquence qui met en lumière l’absence totale de moyens d’intervention propres à la ville. Jean-Paul Kapitula a renouvelé son appel pressant aux autorités nationales et provinciales : « Nous continuons à plaider pour que la ville de Beni soit dotée d’un camion anti-incendie. Cela devient presque gênant de toujours faire appel à la MONUSCO, alors que ses véhicules sont destinés à sécuriser l’aéroport. » Un plaidoyer qui, pour l’heure, semble rester lettre morte, laissant les habitants dans une insécurité grandissante.
Une responsabilité publique en suspens
Pour les responsables de la Protection civile, le renforcement des capacités locales n’est plus une option mais une nécessité vitale. Sans équipement propre, Beni demeure à la merci du prochain court-circuit ou incident domestique. Chaque intervention de la MONUSCO, bien que salutaire, rappelle cruellement l’absence de l’État. La question dépasse le simple cadre technique : elle interroge la volonté politique de protéger les citoyens. Combien de temps encore les Beninois devront-ils compter sur une aide extérieure pour leur sécurité la plus élémentaire ? En attendant une hypothétique dotation, la ville retient son souffle, espérant que le prochain incendie ne tourne pas au drame.
Article Ecrit par Chloé Kasong
Source: radiookapi.net
