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Kananga : la flambée du prix de la bière pousse vers les alcools forts

À Kananga, dans la province du Kasaï-Central, la célébration de la Journée mondiale de la bière, ce 4 août, met en lumière une réalité économique et sanitaire préoccupante. La baisse de l’offre locale de bière, consécutive à l’arrêt des activités de l’Union des Brasseries Africaines (UNIBRA) en 2007, a entraîné une flambée des prix qui modifie les habitudes de consommation et inquiète les professionnels de santé.

Un approvisionnement coûteux depuis l’arrêt d’UNIBRA

Depuis près de vingt ans, la province du Kasaï-Central ne produit plus de bière localement. L’arrêt des activités d’UNIBRA en 2007 a contraint les commerçants à s’approvisionner dans d’autres provinces, notamment le Grand Katanga, ou parfois en Angola. Ce circuit d’importation allonge les distances et renchérit mécaniquement les coûts de transport et de vente. Résultat : une bouteille de bière de 65 centilitres se négocie aujourd’hui entre 6 000 et 8 000 francs congolais, un prix jugé élevé par de nombreux consommateurs. Cette situation pèse sur le pouvoir d’achat des ménages, pour qui la bière reste un produit de consommation courante lors des moments de convivialité.

Des débits de boissons en difficulté

Dans les bistrots de Kananga, la hausse des prix se fait durement sentir. Au bistrot Canal de Suez, situé dans la commune de Ndesha, les clients se font plus rares et les stocks peinent à s’écouler. Une bouteille de Nkoyi y est vendue à 6 000 francs congolais, tandis que la Tembo atteint jusqu’à 7 500 francs. Pour les tenanciers, cette situation affecte directement leur chiffre d’affaires et la viabilité de leur activité. La baisse de la fréquentation se traduit par des recettes en berne, rendant plus difficile la gestion quotidienne de ces petits commerces.

Un report vers les alcools forts et ses risques

Face à ces prix élevés, certains consommateurs modifient leurs habitudes et se tournent vers des boissons fortement alcoolisées, comme le Tshitshiampa, perçues comme plus accessibles financièrement. Ce report de consommation inquiète les professionnels de santé, qui alertent sur les conséquences d’une consommation excessive de ces produits. Ils rappellent que l’abus d’alcool peut entraîner des problèmes de santé, augmenter les risques d’accidents et favoriser certains comportements à risque. Les alcools forts, en raison de leur concentration élevée en éthanol, exposent à des intoxications plus rapides et à des dommages hépatiques et neurologiques plus sévères que la bière, consommée à dose modérée.

Un enjeu de santé publique à surveiller

Alors que la bière reste une boisson très consommée lors des rassemblements sociaux et familiaux, la réduction de l’offre locale pose des défis à la fois économiques et sanitaires. La hausse des prix pousse une partie de la population vers des alcools plus concentrés, dont les effets sur la santé sont plus rapides et plus sévères. Les professionnels de santé insistent sur la nécessité d’une information claire sur les risques liés à ces produits, afin de prévenir les dommages individuels et collectifs. À Kananga, l’absence de production locale depuis près de vingt ans continue ainsi de peser sur le quotidien des habitants, entre contrainte budgétaire et mise en danger de leur santé.

Article Ecrit par Amissi G

Source: radiookapi.net

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