L’appel de la ministre de la Jeunesse, Grâce Kutino, à une marche citoyenne le 12 août à Kinshasa en faveur d’une révision constitutionnelle suscite une vive controverse. Présentée sous le slogan « Oui, je le veux », cette initiative gouvernementale se heurte à l’opposition de plusieurs organisations de jeunesse, qui dénoncent un manque de consultation et s’interrogent sur les conséquences économiques d’un tel projet.
Une mobilisation aux implications économiques incertaines
La marche, qui partira de la 1ère Rue de Limete pour aboutir au Centre culturel, vise à démontrer le soutien de la jeunesse à une adaptation de la Constitution. Selon la ministre, cette révision permettrait de mieux répondre aux réalités actuelles du pays. Mais pour les ménages et les acteurs économiques, la question centrale est celle du coût d’un tel processus. Un référendum constitutionnel, évoqué par les partisans du projet, nécessite des ressources importantes : organisation logistique, campagne d’information, sécurisation du scrutin. Ces dépenses pourraient peser sur un budget national déjà sous tension, au détriment d’investissements dans les services publics essentiels comme la santé ou l’éducation.
Le rejet du LGD&A : un signal pour la stabilité des affaires
Le secrétariat national de la Jeunesse du regroupement politique Leadership et Gouvernance pour le Développement et Alliés (LGD&A), proche de l’ancien Premier ministre Augustin Matata Ponyo, a fermement rejeté l’initiative. Dans une déclaration rapportée par Le Potentiel, le mouvement exige des preuves sur la consultation des jeunes : « Quand cette consultation a-t-elle eu lieu ? Selon quelle méthodologie ? Quels jeunes ont été consultés ? Quelles organisations ont été associées ? Où sont les résultats de cette consultation ? » Ce rejet met en lumière un risque d’instabilité politique, facteur clé pour les investisseurs. Une contestation prolongée pourrait freiner les décisions d’affaires, ralentir les projets de développement et affecter la confiance des partenaires économiques.
Un contre-slogan qui reflète des divisions coûteuses
Sur les réseaux sociaux, un contre-slogan « Non, je refuse » a émergé, signe d’une fracture au sein de la population. Pour les commerçants et les petits entrepreneurs, ces divisions ne sont pas sans conséquences : elles peuvent entraîner des perturbations lors des manifestations, avec des pertes de chiffre d’affaires, des dégâts matériels ou une baisse de la fréquentation des marchés. À Kinshasa, où l’économie informelle fait vivre une grande partie des ménages, une journée de mobilisation peut se traduire par un manque à gagner immédiat pour des milliers de familles.
Le dialogue inclusif, une voie pour rassurer les acteurs économiques
Parallèlement, des parlementaires de l’UDPS ont exprimé leur soutien au dialogue inclusif prôné par le président Félix Tshisekedi, et ont pris acte de l’arrêt de la Cour constitutionnelle validant la loi sur le référendum. Cette approche pourrait apaiser les tensions et offrir un cadre plus prévisible pour les affaires. Un processus consensuel, en évitant les blocages et les contestations, limiterait les coûts indirects pour l’économie : retards dans les réformes, incertitude juridique, ou encore détournement de l’attention des pouvoirs publics des urgences sociales. Pour les ménages congolais, confrontés à la hausse des prix et à la précarité, la priorité reste l’amélioration concrète des conditions de vie, et non des débats institutionnels aux retombées incertaines.
Article Ecrit par Amissi G
Source: radiookapi.net
