Face à la menace persistante de la maladie à virus Ebola dans l’est de la République démocratique du Congo, la société civile de Kasindi-Lubirigha a lancé, lundi 3 août, une campagne de sensibilisation de trois jours. Cette initiative, déployée dans les quartiers Congo Ya Sika et Mwangaza, vise à rappeler que la prévention ne repose pas uniquement sur les autorités sanitaires, mais constitue une responsabilité collective. Située à environ 90 kilomètres au nord-est de Beni, près de la frontière ougandaise, cette cité est exposée à des risques accrus en raison des importants mouvements de populations.
Une zone frontalière sous pression
Kasindi-Lubirigha est un point de passage stratégique où transitent quotidiennement de nombreuses personnes en provenance de zones touchées par l’épidémie. Jean-Paul Zaidi, rapporteur de la société civile locale, a souligné les dangers liés à ces flux : « Il y a des mouvements intenses de personnes qui nous viennent de la province voisine de l’Ituri ainsi que de la ville commerciale de Butembo, où plusieurs cas de la maladie à virus Ebola sont répertoriés. » Cette situation justifie, selon lui, un strict respect des mesures barrières édictées par les autorités sanitaires.
Renforcer la surveillance aux points d’entrée
Pour limiter les risques de propagation, la société civile plaide pour un renforcement des mécanismes de surveillance, en particulier aux points d’entrée et de sortie de la cité. Jean-Paul Zaidi a insisté sur la nécessité d’intensifier les actions de sensibilisation communautaire : « Nous appelons les autorités à renforcer la surveillance transfrontalière ainsi que la sensibilisation communautaire afin de prévenir toute propagation de cette maladie. » L’objectif est de détecter rapidement tout cas suspect et d’éviter une flambée épidémique dans cette zone sensible.
Des gestes simples pour une protection collective
Au-delà de la surveillance, la campagne met l’accent sur l’importance des mesures d’hygiène de base. La société civile exhorte les responsables des églises, des marchés, des écoles et autres lieux publics à garantir le bon fonctionnement des dispositifs de lavage des mains. « Nous appelons également les responsables des églises ainsi que ceux des endroits couramment fréquentés à renforcer davantage la disponibilité de l’eau dans les dispositifs de lavage des mains, car cela peut beaucoup aider la communauté », a ajouté le rapporteur. Ces gestes simples constituent un rempart efficace contre la transmission du virus.
Combattre la désinformation pour sauver des vies
La société civile s’attaque aussi aux rumeurs qui entourent encore la maladie dans certaines communautés. Jean-Paul Zaidi a tenu à rappeler une réalité souvent minimisée : « Nous insistons sur le fait que la maladie est là, elle existe et elle tue. » Il a souligné que la lutte contre Ebola est une responsabilité partagée, qui ne doit pas reposer uniquement sur les épaules des autorités sanitaires. En menant cette campagne de proximité, les acteurs locaux espèrent instaurer une vigilance durable et encourager une sensibilisation permanente au sein des communautés. Pour eux, seule une mobilisation générale permettra de limiter les risques dans cette zone stratégique du Nord-Kivu.
Article Ecrit par Amissi G
Source: radiookapi.net
