Le gouvernement congolais a ouvert, ce mardi 4 août à Kinshasa, un atelier national sur l’aménagement intégré du territoire. Présidée par le Vice-Premier ministre, ministre de l’Intérieur, Jacquemain Shabani Lukoo, représentant la Première ministre Judith Suminwa Tuluka, cette rencontre de deux jours vise à définir une planification territoriale cohérente pour un développement harmonieux du pays.
Une rupture avec des décennies d’improvisation spatiale
Le ministre de l’Aménagement du territoire, Jean-Lucien Bussa, a souligné le caractère inédit de ces assises, les premières depuis l’adoption de la nouvelle loi sur l’aménagement du territoire. Il a dressé un constat sévère de la gestion passée : pendant des décennies, l’absence de planification spatiale a généré des conflits d’usage des terres, des investissements dispersés, des déséquilibres régionaux et l’enclavement de nombreuses provinces.
L’objectif affiché est désormais de faire du territoire national un levier de création de richesses. Jean-Lucien Bussa a plaidé pour une organisation cohérente de l’espace, articulant infrastructures, ressources naturelles, zones agricoles, minières, industrielles et centres urbains. « L’aménagement intégré devient ainsi le langage commun de toutes les politiques publiques », a-t-il déclaré, insistant sur sa capacité à relier les secteurs, rapprocher les provinces, sécuriser les investissements et réduire les disparités territoriales.
Jacquemain Shabani Lukoo appelle à des décisions concrètes
Au nom de la cheffe du gouvernement, Jacquemain Shabani Lukoo a rappelé l’immensité du potentiel congolais : ressources naturelles, biodiversité exceptionnelle, potentiel agricole et réserves énergétiques. « Pourtant, ce potentiel demeure encore insuffisamment valorisé », a-t-il reconnu. Il a érigé l’aménagement intégré du territoire en priorité stratégique nationale.
Le Vice-Premier ministre a exhorté les participants à éviter un simple exercice académique. « Cet atelier ne doit pas constituer un simple exercice académique. Nous ne sommes pas réunis pour produire un rapport supplémentaire destiné à finir dans les archives. Nous sommes réunis pour prendre des décisions », a-t-il insisté. Les travaux doivent aboutir à une feuille de route nationale précisant les priorités d’investissement, les mécanismes de coordination entre ministères, provinces et partenaires, ainsi que les modalités de suivi et d’évaluation.
Une feuille de route intégrant climat et numérique
La feuille de route attendue devra intégrer des enjeux transversaux tels que le changement climatique, la transition énergétique, la numérisation des services publics et les Objectifs de développement durable. Les participants, parmi lesquels des membres du Gouvernement, des représentants des 26 provinces, des chefs coutumiers et des partenaires techniques et financiers, échangeront sur plusieurs thématiques majeures.
Les discussions porteront notamment sur la planification des villes métropolitaines et secondaires, les infrastructures structurantes, la planification spatiale du secteur des hydrocarbures, l’exploitation minière et la protection de l’environnement, ainsi que l’agriculture et les enjeux de l’aménagement local. La cérémonie d’ouverture a réuni plusieurs ministres, dont la ministre d’État à l’Environnement, Marie Niangé Ndambo, la ministre des Hydrocarbures, Agacia Bandubola, la ministre des Affaires foncières, Oneige Nsele Mpimpa, le ministre de l’Urbanisme et Habitat, Alexis Gisaro, et le ministre des Infrastructures et Travaux publics, John Banza.
Article Ecrit par Cédric Botela
Source: actu30.cd
