Trois combattants de la Convention pour la révolution populaire (CRP) ont été neutralisés et deux autres grièvement blessés lors d’affrontements avec les Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) survenus ce lundi 3 août 2026 aux abords du site de déplacés de Rhoo, dans le territoire de Djugu, en Ituri. Les échanges de tirs, qui ont duré plus de trois heures, ont semé la panique parmi les civils, selon des sources sécuritaires.
Une attaque au mortier contre une position des FARDC
Les hostilités ont éclaté vers midi sur les collines du village de Rhoo. Des assaillants armés, venus de Rhoo et de Mbudjona, ont pris pour cible une position de l’armée à l’aide de mortiers de calibre 60. Les miliciens reprochaient aux militaires de harceler des cultivateurs originaires du site de déplacés voisin. La riposte des FARDC, appuyée par des armes lourdes, a entraîné de violents combats. Les tirs ont duré plus de trois heures, provoquant un vent de panique sur le site de déplacés de Rhoo, où de nombreux civils ont cherché à se mettre à l’abri.
Première violation du cessez-le-feu de la CRP
Cet incident constitue le premier affrontement armé signalé entre l’armée congolaise et la faction liée à Thomas Lubanga depuis la décision unilatérale de cessation des hostilités annoncée par la CRP le 14 mai dernier. Cette trêve visait à soutenir le processus de paix en Ituri. Sa violation soulève des interrogations sur la solidité des engagements pris par le groupe armé. Les sources sécuritaires confirment qu’il s’agit d’un tournant préoccupant, car aucun combat de cette ampleur n’avait été rapporté depuis l’annonce du cessez-le-feu. La reprise des hostilités pourrait compromettre les efforts de stabilisation dans la région.
Un climat de tension aggravé par des travaux forcés
Les combats de Rhoo surviennent dans un contexte de vives tensions. Des vidéos récentes, diffusées avant l’incident, montraient des membres de la CRP imposer des travaux communautaires forcés aux habitants des chefferies de Bahema-Nord et de Badjere. Ces exactions alimentent l’insécurité et la méfiance au sein des communautés locales. Les défenseurs des droits humains s’inquiètent de l’impact de ces pratiques sur la population civile, déjà éprouvée par des années de conflit. L’attaque de ce lundi illustre la persistance des menaces pesant sur les déplacés et les cultivateurs de la zone.
Appels au renforcement du dispositif sécuritaire
Face au risque d’une nouvelle escalade de la violence, les défenseurs des droits humains et les notables de l’Ituri exhortent le commandement des FARDC à renforcer le dispositif sécuritaire. L’objectif est de protéger les civils et de préserver la stabilité de la zone, déjà fragilisée par des années de conflit. Les sources sécuritaires indiquent que la situation reste volatile, et que des mesures supplémentaires pourraient être nécessaires pour éviter une reprise des hostilités à plus grande échelle. La communauté humanitaire suit l’évolution de la situation avec attention, alors que les déplacés de Rhoo demeurent exposés aux violences armées.
Article Ecrit par Cédric Botela
Source: radiookapi.net
