À Bandundu, chef-lieu du Kwilu, le ministre d’État en charge du Plan, Guylain Niembo, a officiellement lancé une campagne de sensibilisation pour le recensement général de la population et de l’habitat. Une opération qui, au-delà de sa dimension technique, interroge la capacité de l’État à planifier des politiques publiques réellement adaptées aux besoins des citoyens.
Une mobilisation qui part du sommet de l’État
Devant les autorités provinciales, Guylain Niembo a rappelé que la sensibilisation a d’abord ciblé les institutions nationales. « Nous avons lancé une vaste campagne de sensibilisation au recensement. Comme vous l’avez constaté à travers les médias, cette campagne a débuté auprès des institutions de la République, notamment la Présidence, le Parlement ainsi que les confessions religieuses », a-t-il déclaré. Cette approche descendante vise à créer un maillage institutionnel solide, où chaque niveau de pouvoir devient un relais. Mais la question reste entière : cette stratégie suffira-t-elle à convaincre une population souvent méfiante envers les initiatives étatiques ?
Le Kwilu, étape clé d’une tournée provinciale
La présence du ministre à Bandundu s’inscrit dans une tournée plus large. « Aujourd’hui, nous poursuivons cette sensibilisation dans la province du Kwilu. Après avoir entamé notre tournée dans la partie ouest du pays, notamment au Kongo Central, nous sommes à Bandundu pour informer les autorités locales, qui auront la responsabilité de relayer ce message auprès de l’ensemble de la population », a-t-il expliqué. Le choix du Kwilu n’est pas anodin : cette province, comme beaucoup d’autres, souffre d’un déficit d’infrastructures et de services. Un recensement fiable pourrait y orienter les investissements publics, à condition que les données collectées soient exploitées avec transparence.
Des agents sur le terrain dès la fin août
Guylain Niembo a annoncé un calendrier précis : « À partir de la fin du mois d’août, des agents recenseurs se rendront dans les ménages pour recueillir les informations nécessaires. Nous voulons que les autorités soient pleinement informées afin qu’elles sensibilisent efficacement la population. » Cette phase de collecte, en prélude au recensement général prévu l’année prochaine, sera un test grandeur nature. La crédibilité de l’opération dépendra de la formation des agents, de la qualité des questionnaires et de la protection des données personnelles. Autant d’inconnues qui pourraient nourrir la défiance si elles ne sont pas levées rapidement.
Un enjeu citoyen : « Que personne ne soit oublié »
Interrogé sur les résultats attendus, le ministre a insisté sur l’inclusivité : « Nous voulons que personne ne soit oublié. Chaque citoyen doit se faire recenser. Chacun doit se dire : “Je dois être recensé”, car les données recueillies permettront d’améliorer la planification des politiques publiques et la prise en charge des besoins de l’ensemble de la population. » Cette ambition, louable, place le citoyen au cœur du dispositif. Mais elle exige aussi une contrepartie : que l’État transforme ces chiffres en actions concrètes, sous peine de voir le recensement perçu comme un exercice bureaucratique de plus. La balle est désormais dans le camp des autorités locales, chargées de transformer cette sensibilisation en mobilisation populaire.
Article Ecrit par Chloé Kasong
Source: actu30.cd
