AccueilActualitéJusticeGENOCOST 2025 : 4.000 victimes homologuées par le FONAREV pour des réparations

GENOCOST 2025 : 4.000 victimes homologuées par le FONAREV pour des réparations

La commémoration de la quatrième édition de la Journée nationale du Génocide pour des gains économiques (GENOCOST), ce dimanche 2 août, a mis en lumière les avancées et les défis du processus de réparation en République démocratique du Congo. À Kinshasa, devant le couple présidentiel, le directeur général du Fonds national des réparations des victimes des violences sexuelles liées aux conflits et des victimes des crimes contre la paix et la sécurité de l’humanité (FONAREV), Patrick Fata, a livré des chiffres clés sur l’identification des victimes.

« Plus de 1,2 million de victimes potentielles ont été enregistrées sur l’ensemble du territoire national. Parmi elles, 4.000 ont déjà été homologuées par la justice et intégrées sur la liste unique des bénéficiaires des réparations administratives », a déclaré Patrick Fata. Ces données, communiquées lors de la cérémonie à la place 4e Rue dans la commune de Limete, illustrent l’ampleur de la tâche à accomplir pour le FONAREV, créé pour prendre en charge les victimes des conflits armés.

Un mécanisme de réparation en construction

L’homologation judiciaire de 4.000 victimes constitue une étape concrète vers la mise en œuvre des réparations administratives. Le FONAREV, sous la direction de Patrick Fata, pilote ce processus qui vise à reconnaître officiellement les préjudices subis et à garantir des compensations. La liste unique des bénéficiaires, fruit d’un travail d’enregistrement et de vérification, doit permettre d’éviter les doublons et d’assurer une distribution équitable des aides.

À Kinshasa, l’allumage de bougies en mémoire des victimes du « génocide congolais perpétré par le Rwanda et ses alliés du M23/AFC », selon les organisateurs, a rappelé la dimension politique et mémorielle de cette journée. La présence du couple présidentiel a souligné l’engagement de l’exécutif, mais les attentes des victimes restent immenses face à la lenteur des procédures.

La justice réparatrice au cœur des revendications

Au-delà des chiffres, les appels à une justice réparatrice ont résonné dans plusieurs provinces. Crispin Kobolongo, président national de l’ONG Action contre les violations des droits des personnes vulnérables (ACVDP), a plaidé pour un processus de justice transitionnelle. « Cette commémoration doit ouvrir la voie à une véritable justice réparatrice, mise en œuvre dans le cadre d’un processus de justice transitionnelle. Au-delà des poursuites judiciaires, il est essentiel de garantir aux victimes leur droit à la vérité, à des réparations adéquates, à la reconnaissance officielle des préjudices subis ainsi qu’à des garanties de non-répétition », a-t-il déclaré.

Cette exigence de justice a été reprise par le gouverneur du Kongo-Central, Grâce Bilolo, qui a appelé à promouvoir la justice, la paix et la réconciliation, « afin que les auteurs de ces atrocités répondent de leurs actes ». Il a également insisté sur la nécessité de promouvoir le dialogue et la réconciliation pour empêcher la répétition de telles tragédies.

La mémoire comme fondement de la réparation

À Bunia, dans la province de l’Ituri, le coordonnateur provincial du FONAREV, Xavier Macky, a mis l’accent sur la préservation de la mémoire. « Les crimes commis en République démocratique du Congo ne peuvent être ignorés, minimisés ni relégués dans l’oubli. Notre mémoire collective constitue le fondement de notre quête de vérité, de justice et de réparation », a-t-il affirmé. Cette déclaration fait écho au thème national de la journée : « Maintenant que tu sais, que fais-tu ? », qui a également guidé les célébrations à Kenge, dans le Kwango, à l’initiative du gouverneur Willy Bitwisila.

À Uvira, dans le Sud-Kivu, la cérémonie a été marquée par les témoignages de survivants de la récente occupation de la ville par la coalition RDF/AFC-M23. Devant une assistance émue, plusieurs victimes ont relaté des exécutions de civils, des disparitions et d’autres violations graves des droits humains. Ces récits, bien que non détaillés dans les sources officielles, soulignent l’urgence d’un processus de documentation et de reconnaissance.

Le gouverneur intérimaire de la Tshopo, Didier Lomoyo, a rappelé que cette commémoration n’est « ni une simple évocation historique ni une cérémonie protocolaire appelée à s’effacer de nos mémoires une fois achevée. Elle constitue un moment de recueillement, de vérité et de responsabilité qui nous oblige à regarder notre histoire avec lucidité, à reconnaître l’ampleur des souffrances subies par notre peuple et à mesurer les devoirs qui découlent de cette connaissance ».

À Lubumbashi, Mbandaka et Kindu, des célébrations ont également rendu hommage aux victimes innocentes des massacres. La multiplication des cérémonies à travers le pays témoigne d’une prise de conscience nationale, mais le chemin vers une justice réparatrice effective reste semé d’embûches, entre l’identification massive des victimes et la mise en place de mécanismes de réparation durables.

Article Ecrit par Cédric Botela

Source: radiookapi.net

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