La commémoration du GÉNOCOST à Kisangani, le 2 août, a mis en lumière une exigence croissante de reconnaissance judiciaire internationale. Rassemblés au rond-point du Canon, autorités provinciales, société civile et habitants ont marché aux bougies jusqu’à l’Esplanade des Martyrs, sous le thème « Justice, Mémoire et Dignité ».
Un cadre mémoriel tourné vers la justice
Représentant le gouverneur de province, le vice-gouverneur Didier Lomoyo a rappelé que le 2 août constitue une date importante dans l’histoire de la RDC. Il a appelé les Congolais à rester unis pour défendre l’intégrité territoriale et soutenir les initiatives visant à faire reconnaître le GÉNOCOST sur le plan international. L’activiste Gentil Sefu a, pour sa part, plaidé pour la reconnaissance internationale des crimes commis en RDC, la poursuite des auteurs présumés et une réparation en faveur des victimes. Ces interventions soulignent une volonté de dépasser le seul devoir de mémoire pour inscrire la commémoration dans une dynamique de justice transitionnelle.
La mobilisation de la jeunesse pour la reconnaissance internationale
La présidente du Conseil provincial de la jeunesse de la Tshopo, Me Grâce Komba, a encouragé les jeunes à préserver le devoir de mémoire et à s’engager dans la campagne de signature de la pétition pour la reconnaissance internationale du GÉNOCOST. Le député provincial Senold Tandia a, lui, appelé les Congolais à transformer la mémoire en action afin de lutter contre l’impunité et préserver la souveraineté nationale. Cette mobilisation citoyenne, portée notamment par les organisations de jeunesse, vise à obtenir une reconnaissance officielle des crimes commis, condition préalable à toute procédure judiciaire internationale.
Le témoignage d’un survivant de la guerre des Six Jours
Le moment fort de la cérémonie a été le témoignage d’Henri Kasongo, survivant de la guerre des Six Jours de Kisangani. Il a évoqué les bombardements de juin 2000 vécus alors qu’il était encore élève du primaire, rappelant les souffrances des populations civiles et l’importance de transmettre cette mémoire aux générations futures. Ce récit personnel a donné une dimension concrète aux appels à la justice, en rappelant que derrière les chiffres se trouvent des destins individuels marqués par les conflits armés.
La cérémonie s’est clôturée par l’allumage symbolique des bougies par le vice-gouverneur Didier Lomoyo, suivi d’une marche de recueillement jusqu’à l’Esplanade des Martyrs, où les participants ont déposé leurs bougies en mémoire des victimes des guerres qui ont marqué l’histoire de la RDC. Ce geste collectif, au-delà de sa portée commémorative, s’inscrit dans une stratégie plus large de plaidoyer pour que les crimes commis en RDC ne restent pas impunis.
Article Ecrit par Cédric Botela
Source: actu30.cd
