Près de 145 000 habitants du quartier Cahi, à Bukavu dans le Sud-Kivu, vivent une pénurie d’eau potable persistante malgré la présence d’infrastructures communautaires inutilisées. Cette situation, qui s’aggrave en saison sèche, met en lumière les défaillances dans la chaîne d’approvisionnement en eau et leurs conséquences concrètes sur la santé et la sécurité des ménages.
Des bornes-fontaines jamais raccordées au réseau
Dans le cadre du projet IMAGINE porté par Mercy Corps, plusieurs bornes-fontaines ont été construites en 2021 pour améliorer l’accès à l’eau dans le quartier Cahi. Pourtant, depuis leur installation, ces ouvrages n’ont jamais été raccordés au réseau d’approvisionnement de la REGIDESO, l’entreprise publique chargée de la distribution d’eau. Résultat : ces infrastructures restent inutilisables et n’ont apporté aucune amélioration aux conditions de vie des populations, selon les forces vives locales. La société civile rapporte que les habitants avaient placé beaucoup d’espoir dans ces installations, espérant une solution durable à leurs difficultés quotidiennes. Mais le défaut de raccordement a transformé ces bornes-fontaines en symboles d’une promesse non tenue, laissant les ménages sans alternative fiable pour leur approvisionnement en eau.
Un impact direct sur la santé et la sécurité des habitants
La pénurie oblige de nombreux habitants, en particulier les enfants, à parcourir de longues distances pour chercher de l’eau. Beaucoup se tournent vers des sources non aménagées, appelées localement « Bizola », dont l’eau est souvent insalubre. Cette pratique expose les populations à des risques sanitaires accrus, notamment les maladies diarrhéiques. Mais les dangers ne s’arrêtent pas là : les longs trajets vers ces points d’eau augmentent aussi les risques sécuritaires, comme les agressions sexuelles, les accidents et les enlèvements, rapporte la société civile du quartier. En cette période de saison sèche, le manque d’eau pour le lavage des mains et les besoins des ménages aggrave les risques liés au manque d’hygiène, créant un cercle vicieux où la précarité sanitaire s’ajoute à l’insécurité physique.
Un quartier densément peuplé en attente de solutions
Le quartier Cahi est l’une des zones les plus densément peuplées de Bukavu, ce qui rend la pression sur les ressources en eau encore plus forte. Des difficultés similaires sont signalées dans les entités voisines de Maria Kachelewa et Ciragabwa, où les infrastructures de base restent insuffisantes. Face à cette situation, les habitants appellent les autorités et les partenaires à intervenir pour rendre opérationnelles les infrastructures existantes et garantir un accès durable à l’eau potable. Au moment de la publication de cet article, aucune réaction de Mercy Corps n’avait pu être obtenue par Radio Okapi. L’absence de connexion entre les ouvrages construits et le réseau de la REGIDESO illustre un problème de coordination qui prive des milliers de personnes d’un service essentiel, avec des répercussions directes sur leur vie quotidienne et leur sécurité.
Article Ecrit par Amissi G
Source: radiookapi.net
