Le Centre d’encadrement et d’instruction du Service national de Kaniama-Kasese, dans le Haut-Lomami, a franchi un cap significatif dans sa mission de formation des jeunes Congolais. En visite ce jeudi 30 juillet 2026, le Président Félix-Antoine Tshisekedi a pu mesurer l’ampleur d’un programme qui, depuis sa relance en 2020, a déjà formé plus de 8 300 jeunes, selon le commandant du Service national, le Lieutenant-Général Jean-Pierre Kasongo Kabwik. Cette initiative, qui allie encadrement civique et apprentissage professionnel, se positionne comme un outil de transformation sociale et un levier pour l’emploi des jeunes.
Un centre passé de la réinsertion à la formation professionnelle
Initialement conçu pour la réinsertion des jeunes impliqués dans le phénomène Kuluna, le centre de Kaniama-Kasese a évolué vers un cadre de formation civique, patriotique et professionnelle. Il accueille désormais des jeunes venus de plusieurs provinces, dont le Haut-Lomami, le Kasaï Oriental, le Kasaï Central et l’ex-province du Bandundu. La nouvelle promotion comprend également d’anciens combattants du phénomène Mobondo ayant choisi d’abandonner les armes pour intégrer le programme. Cette diversification du recrutement reflète la volonté d’offrir une seconde chance à des profils variés, tout en répondant à des besoins de main-d’œuvre qualifiée dans différents secteurs.
Plus de 8 300 jeunes formés, un vivier pour l’assainissement de Kinshasa
Le Lieutenant-Général Jean-Pierre Kasongo Kabwik a indiqué que parmi les jeunes formés, 4 000 participent actuellement aux opérations de la Task Force présidentielle chargée de l’assainissement de la ville de Kinshasa. Ce chiffre illustre le rôle concret que joue le Service national dans la mobilisation de la main-d’œuvre pour des projets d’intérêt public, tout en offrant aux jeunes une première expérience professionnelle et un revenu. Pour les ménages, cette insertion temporaire peut représenter une source de revenus stable et une valorisation des compétences acquises, facilitant ainsi l’accès ultérieur à l’emploi formel.
Un investissement dans le capital humain pour le développement national
Lors de son allocution, le Président Tshisekedi a tenu à clarifier la vocation du Service national, affirmant qu’il ne s’agit pas d’un lieu de punition, mais d’une école de responsabilité et de patriotisme. Il a encouragé les recrues à poursuivre leur engagement au service du pays. Le Chef de l’État a également réaffirmé la volonté du Gouvernement de renforcer les capacités d’accueil et de formation du Service national, afin d’offrir à davantage de jeunes une opportunité d’intégration et de contribution au développement national. Cette extension des capacités pourrait permettre de former un plus grand nombre de jeunes chaque année, augmentant ainsi le réservoir de travailleurs qualifiés disponibles pour les chantiers publics et les entreprises privées.
En misant sur la formation de milliers de jeunes, le programme de Kaniama-Kasese constitue un levier pour l’emploi et la cohésion sociale. L’intégration d’anciens combattants dans des filières professionnelles pourrait contribuer à la stabilisation de certaines zones, tandis que l’affectation des jeunes à des missions d’assainissement répond à des besoins urbains concrets. L’extension des capacités du centre, si elle se concrétise, pourrait amplifier ces effets et renforcer le capital humain nécessaire au développement économique du pays. À terme, cette dynamique pourrait réduire la pression sur le marché du travail informel et favoriser une croissance plus inclusive.
Article Ecrit par Amissi G
Source: actu30.cd
