La reprise complète du trafic ferroviaire entre le Kongo-Central et Kinshasa reste suspendue à l’achèvement de deux chantiers de drainage stratégiques, endommagés par les fortes pluies d’avril dernier. Une situation qui pèse sur la mobilité des personnes et l’approvisionnement en marchandises, alors que l’Office national des transports (ONATRA) maintient un service minimum pour soutenir l’activité économique locale.
Des ouvrages de drainage à reconstruire pour sécuriser la voie
Les intempéries ont provoqué des dégâts matériels importants sur les infrastructures bordant la ligne ferroviaire. À Limete, au niveau de la 17ᵉ Rue, l’effondrement d’un collecteur d’eau a fragilisé l’assiette de la voie, obligeant les équipes à reconstruire l’ouvrage pour rétablir l’évacuation des eaux de ruissellement. Sur le site de Kimwenza, le système de drainage endommagé fait l’objet d’une reconstruction complète afin de canaliser les eaux vers la rivière Lukaya et de garantir la sécurité des passages de rames.
Jean-Claude Ngoma Moussa, directeur du chemin de fer du Kongo-Central, précise que le rythme des travaux est soutenu, mais que la réouverture intégrale de la ligne dépend de la finalisation de ces deux chantiers. Aucun calendrier précis n’est avancé, laissant les usagers dans l’attente d’une normalisation.
Un trafic marchandises maintenu pour préserver l’économie régionale
En attendant la remise en état du tronçon menant à Kinshasa, l’ONATRA a mis en place un service partiel entre Matadi, Minkelo et Lukala. Ce trafic est exclusivement dédié au transport de marchandises, avec un appui logistique essentiel aux cimenteries de la région. Une décision qui vise à limiter l’impact économique des interruptions, mais qui laisse de côté les voyageurs, privés de liaison ferroviaire vers la capitale.
Cette situation illustre la vulnérabilité des infrastructures de transport face aux aléas climatiques, et les conséquences directes sur les chaînes d’approvisionnement. Pour les entreprises dépendantes du rail, le maintien d’un service minimum est une bouffée d’oxygène, mais l’absence de transport de passagers freine la mobilité des populations et les échanges commerciaux de détail.
Des travaux sans échéance, un impact économique prolongé
L’absence de date de réouverture complète entretient l’incertitude pour les acteurs économiques et les ménages. Chaque jour d’interruption représente un manque à gagner pour les opérateurs qui utilisent le train comme moyen de transport de leurs produits, et une contrainte supplémentaire pour les voyageurs contraints de se reporter sur la route, souvent plus coûteuse et moins sûre.
La reconstruction des ouvrages de drainage est une étape indispensable pour éviter de nouveaux affaissements, mais elle souligne aussi le besoin d’investissements durables dans la maintenance des infrastructures ferroviaires. En l’état, la ligne reste un outil économique sous-exploité, dont la fiabilité conditionne la compétitivité de toute la région.
Article Ecrit par Amissi G
Source: radiookapi.net
