Le Fonds de Promotion de l’Industrie (FPI) a présenté, le 29 juillet en Belgique, les opportunités d’investissement en République démocratique du Congo (RDC) devant des opérateurs économiques, des institutions financières de développement, la diaspora congolaise et des diplomates. L’objectif affiché est d’attirer des capitaux étrangers pour financer la transformation locale des matières premières, un virage stratégique pour le pays.
Pourquoi transformer localement les matières premières
Blaise Mastaky Birindwa, Directeur général adjoint du FPI, a expliqué que la RDC souhaite passer d’une économie extractive à une économie industrielle. Concrètement, il s’agit de ne plus exporter uniquement des minerais bruts, mais de les transformer sur place pour créer de la valeur ajoutée et des emplois. Cette orientation répond à une logique économique simple : chaque étape de transformation réalisée localement augmente les revenus du pays et réduit sa dépendance aux marchés extérieurs.
Pour rassurer les investisseurs, le FPI a mis en avant des indicateurs macroéconomiques : une croissance annuelle supérieure à 5 %, une inflation maîtrisée autour de 6 % après les tensions de 2023-2024, et des réserves de change couvrant près de treize semaines d’importations. Ces chiffres, bien que généraux, visent à démontrer une stabilité propice aux affaires.
Des infrastructures et de l’énergie pour soutenir l’industrie
Le développement industriel nécessite des infrastructures fiables. Le FPI a cité le corridor de Lobito, un axe logistique majeur pour désenclaver les zones minières, et les projets hydroélectriques comme des leviers pour les investissements lourds. Ces éléments sont cruciaux pour les industriels, car ils conditionnent l’accès à l’énergie et aux voies de transport, deux facteurs souvent problématiques en RDC.
L’amélioration du climat des affaires a également été évoquée, sans détail précis. Pour un investisseur étranger, cela signifie des procédures administratives simplifiées et une meilleure protection juridique, des aspects déterminants dans la décision d’implanter une usine.
Un partenariat avec l’IDC pour partager les risques
Sur le plan financier, le FPI a annoncé un changement de méthode : plutôt que de financer seul des projets, il privilégie désormais le cofinancement et le partage des risques. Un exemple concret a été donné avec le partenariat signé en février 2026 avec l’institution sud-africaine IDC. Ce type d’accord permet de mobiliser davantage de capitaux tout en diluant le risque pour chaque partie.
Quatre secteurs sont ciblés en priorité : l’agriculture, l’industrie pharmaceutique, l’énergie et la transformation des minerais stratégiques. Ces choix ne sont pas anodins : ils répondent à des besoins essentiels (alimentation, santé) et à des atouts naturels du pays (minerais, potentiel hydroélectrique). Pour un ménage congolais, cela pourrait se traduire par des médicaments produits localement moins chers ou des denrées alimentaires transformées plus accessibles.
420 millions de dollars à mobiliser d’ici 2028
Le plan triennal 2026-2028 du FPI prévoit de mobiliser 420 millions de dollars américains. Ces fonds sont destinés à financer des entreprises de droit congolais installées en RDC, y compris celles portées par la diaspora. Cette inclusion de la diaspora est une reconnaissance de son rôle potentiel comme pont entre les marchés étrangers et le tissu économique local.
En marge de la conférence, Blaise Mastaky Birindwa s’est entretenu avec Bertin Mampaka, président du Parlement francophone bruxellois. Cette rencontre s’inscrit dans la diplomatie économique promue par le président Félix Tshisekedi, qui vise à utiliser les relais politiques pour faciliter les échanges commerciaux.
Au final, cette conférence en Belgique illustre une stratégie de séduction des investisseurs étrangers, mais son succès dépendra de la capacité du FPI à transformer ces annonces en projets concrets. Pour le citoyen congolais, l’enjeu est de taille : une industrialisation réussie pourrait créer des emplois stables et réduire le coût de biens essentiels, à condition que les partenariats financiers se concrétisent et que les infrastructures suivent.
Article Ecrit par Amissi G
Source: actu30.cd
