À Kinshasa, 200 jeunes femmes ont reçu leurs brevets et des kits d’installation ce samedi, à l’issue d’une formation professionnelle gratuite de quatre mois organisée par la Fondation Grâce à Ma Mère (GRAME). Cette initiative, qui s’inscrit dans un programme d’autonomisation économique, vise à transformer des compétences techniques en activités génératrices de revenus pour des bénéficiaires souvent sans emploi. En dotant ces femmes d’un métier et d’outils de travail, la fondation entend créer un effet domino sur l’économie des ménages et la réduction de la pauvreté dans la capitale congolaise.
Un taux de réussite de 89 % et des équipements pour démarrer
La présidente de la fondation, Julie Nsuele Manika, a annoncé un taux de réussite de 89 % aux évaluations finales, la majorité des participantes ayant obtenu plus de 70 %. Ce résultat témoigne de l’efficacité d’une formation pratique, concentrée sur quatre mois, dans des filières porteuses : coupe et couture, esthétique-coiffure, maquillage professionnel et agroalimentaire. Les lauréates ont reçu des équipements adaptés à leur spécialité : machines à coudre, kits de coiffure, matériel de maquillage et outils de transformation agroalimentaire. Des kits de dignité, appuyés par l’UNFPA, ont également été distribués. Cette dotation matérielle est un levier concret pour lancer une activité indépendante, réduisant ainsi la dépendance économique. Pour une bénéficiaire en couture, par exemple, posséder sa propre machine élimine le coût de location et augmente la marge bénéficiaire dès les premières commandes.
Un suivi post-formation pour pérenniser les activités
Au-delà de la remise des brevets, Julie Nsuele Manika a annoncé la mise en place d’un mécanisme de suivi pour accompagner les bénéficiaires dans le développement de leurs activités. Ce dispositif vise à répondre à un défi récurrent des programmes de formation : le manque d’accompagnement après l’obtention du diplôme. Sans suivi, de nombreuses jeunes femmes peinent à transformer leurs compétences en revenus stables, confrontées à des obstacles comme l’accès au marché ou la gestion financière de base. En offrant un appui continu, la fondation espère améliorer la viabilité des micro-entreprises créées et renforcer l’impact économique du programme sur les ménages. Concrètement, ce suivi pourrait inclure des conseils en commercialisation ou des mises en relation avec des fournisseurs, bien que les modalités précises n’aient pas été détaillées lors de la cérémonie.
Un partenariat avec le programme « Debout Jeunes Congolais »
La cérémonie s’est déroulée en présence du ministre de l’Entrepreneuriat et du Développement des PME, Justin Kalumba Mwana Ngongo, et de la ministre du Genre, Famille et Enfants, Micheline Ombae. Leur présence souligne l’intérêt des autorités pour les initiatives privées d’insertion professionnelle. Justin Kalumba a annoncé que Julie Nsuele Manika devient partenaire et ambassadrice du programme présidentiel « Debout Jeunes Congolais ». Cette reconnaissance institutionnelle pourrait faciliter l’accès des futures promotions à des financements ou à des marchés, élargissant ainsi la portée de l’initiative. Pour les bénéficiaires, ce partenariat est un signal positif : il peut ouvrir des portes vers des programmes publics de soutien à l’entrepreneuriat, souvent méconnus des jeunes femmes en quête d’autonomie.
La cérémonie s’est clôturée par un défilé de mode présentant les créations des participantes de la filière couture, illustrant concrètement les compétences acquises. En misant sur la formation pratique et l’équipement, la Fondation GRAME apporte une réponse directe au chômage des jeunes femmes à Kinshasa, avec des effets potentiels sur la réduction de la pauvreté au niveau local. Chaque kit distribué représente un pas vers l’indépendance financière, dans un contexte où l’accès à l’emploi formel reste limité pour cette catégorie de la population.
Article Ecrit par Amissi G
Source: actu30.cd
