Depuis le mercredi 29 juillet, les engins de l’entreprise Wasicongo s’activent sur l’axe Soyo–Mvuadu, à Matadi, pour un chantier de réhabilitation et de modernisation long de trois kilomètres. Ce tronçon, bien que modeste en distance, joue un rôle stratégique dans la fluidification du trafic portuaire et le désenclavement de quartiers longtemps isolés. Les travaux, qui incluent le creusage de caniveaux et la libération des emprises routières, visent à offrir une alternative concrète aux embouteillages récurrents provoqués par le flux incessant de poids lourds desservant le port de Matadi, chef-lieu du Kongo-Central.
Une réponse à la congestion portuaire
La circulation dans la ville de Matadi est régulièrement paralysée par les camions en provenance ou à destination du port, principal poumon économique de la région. L’absence de voies de déviation obligeait les usagers à subir de longs ralentissements, avec des répercussions directes sur les coûts de transport et les délais de livraison. La réhabilitation de l’axe Soyo–Mvuadu introduit un itinéraire de contournement qui devrait absorber une partie de ce trafic lourd, réduisant ainsi la pression sur les artères principales. Pour les opérateurs économiques, cette nouvelle voie pourrait se traduire par une diminution des temps d’attente et une meilleure prévisibilité des chaînes logistiques.
Le désenclavement du quartier Ndemba
Au-delà de l’aspect logistique, le chantier porte une dimension sociale forte en connectant des zones jusqu’ici difficilement accessibles. Le quartier Ndemba, longtemps resté en marge du réseau viaire structurant, voit dans ces aménagements une transformation de son quotidien. Une habitante témoigne de ce changement : « Nous, les filles de Ndemba, nous étions très reculées. Même quand ton homme venait te raccompagner, il devait s’arrêter loin sur la grande route. Mais désormais la moto entrera jusque dans les avenues. Vraiment, c’est très bien. » Cette accessibilité nouvelle facilite les déplacements des résidents, mais aussi l’acheminement de biens et de services, avec des effets potentiels sur la valeur des terrains et l’activité commerciale locale.
Des travaux axés sur la durabilité
Sur le terrain, l’entreprise Wasicongo a entamé les opérations de terrassement et d’assainissement, préalables indispensables à la construction d’une chaussée résistante. Lutumba Jet, responsable du chantier pour Wasicongo, précise la nature des interventions : « On a commencé à mettre des connecteurs qui vont commencer à recevoir de l’eau et là nous avons commencé avec des fouilles, le terrassement, pour permettre à ce que la route qui sera construite soit de très bonne qualité. » Ces travaux de drainage visent à protéger la future route des dégradations liées aux eaux pluviales, un problème récurrent dans la région. La libération des emprises, bien que parfois perçue comme contraignante par les occupants illégaux, est présentée comme un mal nécessaire pour garantir la pérennité de l’infrastructure et la sécurité des usagers.
Des retombées économiques attendues
Une fois achevé, l’axe Soyo–Mvuadu offrira un itinéraire plus fluide et sécurisé pour contourner les points de congestion de Matadi. Pour les transporteurs, cela signifie une réduction de l’usure des véhicules et des économies de carburant. Pour les commerçants du quartier Ndemba et des environs, l’amélioration de la desserte pourrait stimuler les échanges et attirer de nouveaux investissements. À l’échelle de la ville, ce projet routier s’inscrit dans une logique de modernisation des infrastructures qui, si elle est menée à terme, pourrait renforcer l’attractivité économique du Kongo-Central. Les habitants, quant à eux, voient dans ce chantier la promesse d’une mobilité retrouvée et d’un cadre de vie amélioré.
Article Ecrit par Amissi G
Source: radiookapi.net
