Depuis plusieurs jours, les activités de la Société congolaise des postes et télécommunications (SCPT) sont paralysées à Kinshasa par un mouvement de grève des travailleurs. Au cœur de la contestation : 17 mois d’arriérés de salaires impayés et une gestion jugée opaque. Ce conflit social met en lumière les fragilités d’une entreprise publique stratégique et les attentes pressantes de ses employés envers l’État congolais.
Une dette salariale qui étrangle les agents
Les revendications salariales sont le premier moteur de la colère. Selon Jean Makayanga Kalukula, vice-président de la délégation syndicale, les arriérés concernent 17 mois consécutifs de salaires impayés. « Le gouvernement ne doit pas laisser la SCPT devenir un canard boiteux », a-t-il déclaré, insistant sur l’urgence d’une réponse étatique. Les travailleurs réclament plus de 300 millions de dollars et demandent à être traités comme les autres entreprises publiques. Cette situation, qui perdure sans solution, pèse lourdement sur le quotidien des agents et de leurs familles, et interroge sur la capacité de l’État à honorer ses obligations sociales.
La gestion de la directrice générale dans le viseur
Au-delà des salaires, la contestation vise directement la directrice générale, Sandra Tshibonge Mbiye, accusée de mauvaise gestion. Jean Makayanga pointe un exemple concret : « Si, jusqu’à aujourd’hui, plus de sept tonnes de colis destinés à l’expédition sont encore bloquées à la poste, c’est en raison de la gestion opaque de la direction. » Pour les grévistes, le départ de la directrice est une condition non négociable. Cette exigence traduit une perte de confiance profonde et soulève la question de la gouvernance au sein de cette entreprise publique.
Un service public à l’arrêt, des citoyens pénalisés
Lancé le mercredi 22 juin, le mouvement de grève porte aussi sur l’amélioration des conditions socioprofessionnelles. Mais au-delà des revendications internes, c’est tout un pan du service public qui est à l’arrêt. Le blocage de tonnes de colis illustre l’impact direct sur les usagers, particuliers comme entreprises, qui dépendent des services postaux. Cette paralysie rappelle le rôle essentiel de la SCPT dans la connectivité et l’économie du pays, et les conséquences en cascade d’une crise de gouvernance non résolue.
Jusqu’à présent, aucune solution n’a été trouvée. Le dialogue semble dans l’impasse, laissant les travailleurs dans l’attente et les citoyens face à un service défaillant. La balle est dans le camp des autorités, appelées à répondre rapidement pour éviter que cette grève ne s’enlise et n’aggrave la défiance envers les institutions publiques.
Article Ecrit par Chloé Kasong
Source: radiookapi.net
