Au point kilométrique 51 (PK51), dans le territoire de Mambasa en Ituri, la situation sanitaire se dégrade rapidement. En une semaine, près d’une centaine de décès communautaires ont été enregistrés, selon le médecin-chef de la zone de santé de Niania. Ce bilan alarmant est directement lié à la défiance d’une partie de la population envers l’existence de l’épidémie d’Ebola, qui a conduit à la fermeture de la majorité des structures de santé de cette agglomération minière.
La destruction du centre de traitement d’Ebola le 30 juin dernier par des habitants contestataires a marqué un tournant. Depuis, 40 des 50 structures sanitaires que compte le PK51 ont cessé leurs activités. Le personnel soignant et les relais communautaires, pris pour cibles lors des violences, ont fui vers Niania par crainte pour leur sécurité. Cette désertion médicale laisse la population sans accès aux soins de base et compromet les efforts de lutte contre la maladie.
Une centaine de morts en une semaine, un système de santé à l’arrêt
Les chiffres communiqués par les autorités sanitaires locales sont préoccupants : entre dix et quinze décès communautaires liés à Ebola sont signalés chaque jour au PK51. En une semaine, le cumul atteint près d’une centaine de morts. Ces décès surviennent dans un contexte où les structures de santé sont quasiment toutes fermées, privant les malades de prise en charge. Le médecin-chef de la zone de santé de Niania attribue cette situation au refus d’une partie de la population de reconnaître l’épidémie, ce qui a entraîné le saccage du centre de traitement et le départ du personnel soignant.
La méfiance, un accélérateur de la propagation
La défiance des habitants ne se limite pas à la contestation de l’épidémie. Elle se traduit par des comportements à risque qui favorisent la transmission du virus. Selon des sources médicales locales, certains continuent de manipuler les corps des victimes d’Ebola sans aucune précaution, ignorant les mesures de prévention. Par ailleurs, de nombreux malades ne sont transférés vers Niania qu’à un stade très avancé de la maladie, ce qui réduit considérablement leurs chances de survie. Cette méfiance entrave également les activités de sensibilisation, pourtant essentielles pour endiguer l’épidémie.
Des mesures en cours pour contenir l’épidémie
Face à cette situation critique, le médecin-chef de la zone de santé de Niania affirme que des dispositions sont en cours pour contenir l’épidémie au PK51 et éviter sa propagation vers les localités voisines. Ces mesures visent à rétablir un minimum d’accès aux soins et à relancer la sensibilisation communautaire. Cependant, le défi reste immense : il faut à la fois reconstruire la confiance de la population et assurer la sécurité du personnel soignant, sans quoi les efforts risquent d’être vains. La situation au PK51 illustre les conséquences dramatiques de la désinformation et de la défiance en contexte épidémique.
Article Ecrit par Amissi G
Source: radiookapi.net
