Les populations des territoires de Fizi et de Mwenga, dans la province du Sud-Kivu, sont plongées dans une crise humanitaire aiguë depuis le 24 juillet. Des déplacements massifs ont été provoqués par des bombardements attribués à des drones kamikazes en provenance du Rwanda, selon des sources locales. Les habitants de plusieurs villages, notamment Mulima, Point Zéro et Rugezi à Fizi, ainsi que Kipupu, Mikenge et Kiseke à Mwenga, ont fui dans la brousse, où ils survivent sans abri ni assistance de première nécessité.
L’alerte a été lancée par le député national élu de Fizi, le professeur Nyamangyoku Ishibwela. Il dénonce une situation où même les civils blessés lors des frappes peinent à recevoir des soins médicaux. Le parlementaire a décrit des conditions de vie dramatiques pour les déplacés, exposés aux intempéries et aux maladies, tandis que les enfants souffrent de faim. Il a condamné avec fermeté ces actes et a appelé les Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) à remplir leur mission de protection de la population et du territoire national.
Des villages vidés par les frappes de drones
Les bombardements, qui se poursuivent, ont visé plusieurs localités des Hauts et Moyens Plateaux. À Fizi, les villages de Mulima, Point Zéro et Rugezi ont été particulièrement touchés. Dans le territoire de Mwenga, ce sont Kipupu, Mikenge et Kiseke qui ont subi les attaques. Les habitants, pris de panique, ont cherché refuge dans la brousse environnante, abandonnant leurs habitations et leurs biens. Aucun bilan précis des victimes n’a été communiqué, mais la présence de blessés sans accès aux soins souligne la gravité de la situation.
Un appel urgent à l’aide gouvernementale
Le député Nyamangyoku a interpellé le gouvernement de la République pour qu’il apporte une assistance d’urgence en vivres et non-vivres à cette population meurtrie. Il a souligné l’absence totale de structures d’accueil ou de soins pour les déplacés, qui dorment à la belle étoile. « À l’heure où je vous présente cette triste situation, les habitants se trouvent dans la brousse, les blessés n’ont aucun endroit pour se soigner, les enfants meurent de faim et ceux qui persistent dorment à la belle étoile, exposés ainsi aux intempéries et à diverses maladies », a-t-il déclaré. Il a également exigé que les FARDC accomplissent leur mission régalienne de protection.
Une résilience saluée face à l’agression
S’adressant directement aux communautés des Hauts et Moyens Plateaux, l’élu a salué leur résilience face à ce qu’il qualifie d’énième agression extérieure. Il a rappelé les mots du chef de l’État Félix-Antoine Tshisekedi : « Les ténèbres ne régneront pas toujours ». Cette référence vise à galvaniser les populations éprouvées, alors que les attaques de drones se poursuivent. La situation reste précaire, et aucune indication n’a été donnée sur un éventuel déploiement de l’aide humanitaire ou sur les mesures de sécurisation de la zone.
Article Ecrit par Cédric Botela
Source: radiookapi.net
