L’Auditorat militaire supérieur du Sud-Kivu a annoncé, ce lundi 27 juillet, la découverte de onze fosses communes dans les cités de Sange et Luvungi, en territoire d’Uvira. Cette révélation intervient sept mois après des massacres attribués à la rébellion du M23, marquant une étape procédurale importante dans la documentation de crimes présumés.
Une enquête conjointe pour établir les faits
Selon l’Agence congolaise de presse, l’annonce a été faite à l’issue d’une mission d’investigation menée conjointement par l’Auditorat militaire supérieur et la 33ᵉ région militaire. Le colonel-magistrat Kumbu Ngoma, auditeur militaire supérieur du Sud-Kivu, a précisé que cette opération a permis d’identifier plusieurs sites d’inhumation collective et de recueillir des éléments susceptibles de constituer des preuves de crimes graves. Ces constats s’inscrivent dans un cadre judiciaire rigoureux, visant à documenter les exactions commises lors des violences qui ont secoué la région.
Un contexte sécuritaire toujours instable
La découverte de ces fosses communes intervient alors que la situation sécuritaire dans l’Est de la RDC demeure volatile. La Tempête des Tropiques rapporte de nouveaux affrontements à l’arme lourde et légère entre la rébellion AFC/M23 et les milices Wazalendo dans les groupements de Kibabi I et II. D’après la société civile citée par le journal, ces offensives visent à déloger les milices locales et à renforcer le contrôle des rebelles autour du site minier de Rubaya et du centre commercial de Ngungu. Ces combats perturbent gravement le quotidien des populations, déjà éprouvées par des années de conflit.
Des appels à une mobilisation régionale
Face à cette escalade, les ministres Shabani et Anzuluni plaident pour une mobilisation régionale, selon Le Potentiel. Le quotidien souligne l’appel lancé par les autorités et les acteurs politiques en faveur d’une concertation entre les pays de la sous-région, afin de stopper la violence dans l’Est de la RDC. Cette initiative diplomatique vise à créer un cadre de dialogue pour une désescalade durable.
Entre paix et justice : un débat persistant
Dans cette logique de désescalade, le politologue Bob Kabamba estime que « l’option paix passe toujours avant l’option justice », rapporte Actualité.cd. L’analyste rappelle les précédents historiques congolais, soutenant que, dans les processus de sortie de crise, les exigences de conciliation politique prennent souvent le pas sur les poursuites judiciaires. Cependant, la société civile du Nord-Kivu exige le rétablissement de l’autorité de l’État avant tout référendum, note le même média. Les forces vives locales réclament que la priorité absolue soit accordée à la sécurisation des territoires occupés et au retour des populations déplacées avant toute initiative politique d’envergure nationale. Ce débat entre impératifs de paix et de justice reste au cœur des préoccupations, alors que les enquêtes sur les fosses communes progressent.
Article Ecrit par Cédric Botela
Source: radiookapi.net
