L’annonce par le président Félix Tshisekedi d’un dialogue national inclusif a reçu, lundi 27 juillet, un soutien appuyé de la France. Dans un communiqué du ministère de l’Europe et des Affaires étrangères, Paris salue une initiative qui, si elle se concrétise, pourrait redessiner les équilibres politiques et sociaux en République démocratique du Congo. Au-delà de la déclaration diplomatique, c’est la question de la cohésion nationale et de la paix durable qui se pose pour des millions de Congolais.
Un dialogue sous le signe de la concertation religieuse et régionale
Le communiqué français précise que ce dialogue est envisagé « en concertation avec les principales communautés religieuses et avec le soutien des partenaires régionaux ». Cette précision n’est pas anodine : elle souligne la volonté d’ancrer le processus dans les forces vives de la société congolaise, tout en l’arrimant aux dynamiques diplomatiques régionales. Pour Kinshasa, il s’agit de montrer que la solution aux crises ne viendra pas seulement des institutions, mais aussi des acteurs capables de mobiliser les consciences et de relayer les aspirations populaires.
La France voit une confirmation de la voie politique
Pour Paris, cette initiative « confirme la volonté des autorités congolaises de privilégier une solution politique et de consolider une paix durable dans la région des Grands Lacs ». Le message est double : il valide la stratégie de Félix Tshisekedi tout en rappelant que la stabilité de la RDC est indissociable de celle de toute la sous-région. La France, qui dit « soutenir et faciliter » les efforts de médiation en cours, se positionne ainsi en partenaire discret mais influent, soucieux de ne pas froisser la souveraineté congolaise.
Renforcer l’unité sans toucher aux institutions
Le communiqué insiste sur un point sensible : l’objectif de « renforcement de la cohésion nationale et de l’unité du pays, dans le respect des institutions et de la Constitution ». Cette précision répond à une crainte récurrente dans les processus de dialogue en RDC : celle de voir les discussions déboucher sur un partage du pouvoir ou une remise en cause de l’ordre constitutionnel. En liant explicitement le dialogue au respect des institutions, la France rassure les acteurs politiques et la communauté internationale sur la nature du processus, tout en laissant ouverte la question de son impact concret sur la vie quotidienne des Congolais.
Un complément aux médiations internationales
Le dialogue annoncé vient « compléter les efforts de médiation en cours sous l’égide des États-Unis, du Qatar et de l’Union africaine », souligne Paris. Cette articulation entre initiative nationale et médiations internationales pourrait être la clé d’une paix durable dans les Grands Lacs. Reste à savoir comment ces différents canaux dialogueront entre eux et, surtout, comment les populations de l’Est, premières victimes des conflits, percevront ces annonces. La concorde nationale ne se décrète pas ; elle se construit dans la durée, avec des actes concrets qui restaurent la confiance entre l’État et ses citoyens.
Article Ecrit par Chloé Kasong
Source: radiookapi.net
