À Bandundu, la colère gronde chez les abonnés de la Société nationale d’électricité (SNEL). Les factures d’électricité, jugées excessives, pèsent lourdement sur une population majoritairement composée de fonctionnaires aux revenus modestes. L’Union des consommateurs du Grand Bandundu monte au créneau pour dénoncer une tarification déconnectée du pouvoir d’achat local et appelle l’État à intervenir.
Un fardeau insoutenable pour les ménages de Bandundu
Dans cette ville administrative du Kwilu, la grogne ne faiblit pas. Selon l’Union des consommateurs du Grand Bandundu, de nombreux habitants peinent à honorer leurs factures d’électricité. « La ville de Bandundu est une ville administrative où la majorité des habitants sont des fonctionnaires. Les consommateurs se retrouvent confrontés à des factures élevées qui ne correspondent pas à leur pouvoir d’achat », déplore Didier Abukani, président de l’organisation. Ce constat met en lumière un décalage criant entre les tarifs appliqués et la réalité socio-économique d’une cité où le salariat public domine.
La SNEL face à ses contradictions
Face aux critiques, la SNEL justifie sa grille tarifaire par une décision prise au niveau central, en concertation avec les autorités du secteur de l’énergie. Une explication qui laisse les associations de consommateurs perplexes. Pour Didier Abukani, l’État ne peut se défausser de ses responsabilités. « Le gouvernement connaît les revenus des fonctionnaires qu’il rémunère. Il devrait prendre en charge certaines entreprises publiques en les subventionnant. Dans le cas contraire, c’est toujours le consommateur final qui supporte cette lourde charge », estime-t-il. La logique commerciale imposée aux entreprises publiques, selon lui, aggrave la situation en privilégiant la rentabilité au détriment de l’accès universel à l’électricité.
Un droit fondamental en suspens
L’accès à l’électricité est-il encore un droit pour tous les Congolais ? La question se pose avec acuité à Bandundu. Didier Abukani rappelle que ce service essentiel ne devrait pas être un luxe. Pourtant, les plaintes se multiplient et les appels à une révision de la politique tarifaire restent sans réponse satisfaisante. L’Union des consommateurs espère que les autorités nationales examineront rapidement ces préoccupations pour alléger la pression financière sur les ménages. En attendant, de nombreux foyers continuent de vivre dans l’incertitude, étranglés par des factures qui amputent une part croissante de leurs revenus.
Quelle issue pour les consommateurs ?
La mobilisation des associations de défense des consommateurs pourrait-elle infléchir la position des pouvoirs publics ? Le débat est lancé. En plaidant pour une subvention de la SNEL, Didier Abukani met le doigt sur un enjeu plus large : la capacité de l’État à garantir des services publics accessibles dans un contexte de libéralisation rampante. À Bandundu, l’électricité est devenue le symbole d’une fracture sociale qui ne cesse de se creuser. Les prochaines semaines diront si les cris d’alarme des consommateurs trouvent un écho au sommet de l’État.
Article Ecrit par Chloé Kasong
Source: radiookapi.net
