Le drame survenu samedi sur la Route nationale numéro 1, dans le territoire de Lubudi, a pris une ampleur encore plus tragique. Le bilan, initialement de 13 morts, s’élève désormais à 17 décès, selon l’administrateur du territoire. Une hausse qui illustre la violence de l’accident, mais aussi les difficultés d’une région où les secours et les infrastructures restent défaillants. Derrière ces chiffres, c’est tout un système de transport qui montre ses limites, laissant les citoyens démunis face au danger.
Une morgue saturée, des corps sans identité
La morgue locale, à la capacité limitée, ne peut conserver les dépouilles plus longtemps. Face à ce constat, les autorités prévoient une inhumation rapide pour éviter toute décomposition. Cette décision, bien que pragmatique, soulève une question douloureuse : comment des familles pourront-elles faire leur deuil si personne ne vient identifier les victimes ? Pour l’heure, aucun proche ne s’est présenté, laissant les corps sans identité. Parmi les victimes, on compte majoritairement des adultes, mais aussi une fillette de 12 ans, rappelant que ce drame n’épargne personne. Les quatre nouveaux décès incluent deux blessés qui avaient été admis dans des structures de soins, et deux corps retrouvés sous les bâches du camion accidenté, comme si la mort s’était acharnée jusque dans les recoins du véhicule.
Des blessés livrés à eux-mêmes
Sur les 35 personnes hospitalisées après le drame, seules sept ont pu être transférées à Lubumbashi par leurs familles pour y poursuivre les soins. Une situation qui révèle l’isolement des victimes et l’absence de dispositif public de prise en charge. Les autres blessés restent dans des conditions précaires, alors que les besoins médicaux sont urgents. Cette réalité met en lumière la vulnérabilité des populations rurales, souvent contraintes de compter sur leurs propres moyens pour survivre à une catastrophe. L’accident de Lubudi n’est pas un cas isolé : il s’inscrit dans un contexte où l’État peine à garantir la sécurité des voyageurs sur cet axe vital.
L’interdiction ignorée du transport de passagers
Cet accident s’ajoute à une longue série de drames sur la Route nationale numéro 1. Les autorités avaient pourtant interdit le transport de passagers à bord des camions, encourageant le recours au rail. Mais le trafic ferroviaire demeure irrégulier, poussant de nombreux voyageurs à braver le danger. Une mesure qui, selon les autorités, reste largement ignorée par certains transporteurs. Pour les citoyens, le choix est souvent cornélien : risquer sa vie sur un camion ou renoncer à se déplacer. L’absence d’alternative fiable transforme cette interdiction en vœu pieux, et les accidents continuent de s’accumuler, comme une tragique routine.
Vers une concertation provinciale pour sauver des vies
Pour tenter d’enrayer ce phénomène, l’administrateur du territoire de Lubudi propose une concertation entre les gouverneurs des provinces traversées par ces camions : Haut-Katanga, Lualaba, Haut-Lomami, Lomami et Kasaï-Central. L’objectif est d’adopter une mesure commune interdisant le transport de passagers par camion sur l’ensemble de ces provinces. Une initiative qui, si elle aboutit, pourrait réduire le nombre de morts sur cet axe routier meurtrier. Mais en attendant, les citoyens continuent de payer de leur vie l’absence de solutions durables. La proposition soulève un espoir prudent : et si une coordination régionale permettait enfin de faire respecter la loi ? Reste à savoir si les gouverneurs sauront transformer cette idée en action concrète, car le temps presse pour les usagers de la route.
Article Ecrit par Chloé Kasong
Source: radiookapi.net
