À Kinshasa, la fraîcheur matinale de la saison sèche transforme les trottoirs en points de ralliement autour des chariots de café et de thé. Cette activité ambulante, en plein essor, répond à une demande croissante des travailleurs, étudiants et passants en quête de boissons chaudes à prix abordables. Mais derrière ce succès commercial se cachent des enjeux de santé publique que les consommateurs ignorent souvent.
Une activité économique portée par la météo
Sur les grandes artères de la capitale, les vendeurs ambulants constatent une nette augmentation de leurs ventes pendant la saison sèche. Une commerçante installée sur le boulevard du 30 Juin témoigne : « En saison sèche, nous vendons beaucoup plus. Quand il fait froid, les clients viennent nombreux, mais pendant la saison des pluies, les ventes diminuent. » Cette activité constitue une source de revenus pour de nombreux jeunes et chefs de famille, qui adaptent leur offre pour attirer la clientèle. Certains proposent des recettes variées à base de café, thé, lait, gingembre, citron ou clou de girofle, des ingrédients souvent associés à des vertus dans les habitudes populaires. La réussite dépend aussi de l’emplacement du chariot, de la qualité du service et de la fidélisation des clients.
Les risques sanitaires liés à la préparation
Le docteur Yves Baelo, médecin à l’hôpital Vijana dans la commune de Lingwala, met en garde contre les dangers potentiels de cette consommation. Il souligne que tout dépend des conditions de préparation et de conservation du café. Une mauvaise hygiène peut exposer à des infections digestives, tandis qu’une consommation excessive de boissons très sucrées favorise le surpoids, le diabète et les caries dentaires. Le professionnel de santé insiste sur la nécessité de vérifier la qualité de l’eau utilisée et la dose de caféine. Ces risques sont d’autant plus préoccupants que les chariots ambulants ne sont pas soumis à des contrôles sanitaires réguliers, ce qui laisse planer un doute sur la sécurité des produits proposés.
Quelles précautions pour les consommateurs ?
Pour limiter les risques, le docteur Baelo recommande de modérer la consommation de caféine. Chez un adulte en bonne santé, la limite généralement admise est d’environ 400 mg par jour, soit l’équivalent de 3 à 5 tasses de café filtré. Il appelle les consommateurs à la prudence, notamment sur la quantité de sucre ajoutée. Ces conseils pratiques visent à concilier le plaisir de ces boissons chaudes avec la préservation de la santé, dans une ville où l’offre ambulante ne cesse de croître. En adoptant des gestes simples, comme s’informer sur les conditions de préparation ou limiter les ajouts sucrés, les amateurs de café ambulant peuvent réduire les risques tout en profitant de cette tradition urbaine.
Article Ecrit par Amissi G
Source: actu30.cd
