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Ebola en Ituri : Roger Kamba impose 21 jours de surveillance sanitaire aux acteurs de la riposte

Le ministre de la Santé publique, Roger Kamba, a signé le 17 juillet un arrêté qui impose une surveillance sanitaire de 21 jours à toute personne ayant participé à la riposte contre Ebola en Ituri. Cette décision, prise après une réunion stratégique à Bunia le 9 juillet, vise à concilier protection de la santé publique et maintien des capacités opérationnelles, en s’appuyant sur les standards de l’Organisation mondiale de la Santé et le Règlement sanitaire international. Concrètement, il s’agit d’éviter que les acteurs de la riposte ne propagent le virus en dehors des zones touchées, tout en leur permettant de poursuivre leur travail essentiel.

Trois niveaux de risque pour adapter les mesures

L’arrêté classe les personnes concernées en trois catégories selon leur niveau d’exposition. Pour un risque élevé, correspondant à une exposition non protégée ou à haut risque selon les protocoles nationaux, un isolement renforcé de 21 jours est exigé. Cet isolement peut se faire dans une structure appropriée ou, lorsque les conditions le permettent, à domicile sous surveillance active quotidienne. Tout déplacement national ou international est interdit, sauf évacuation sanitaire ou dérogation expresse accordée par le ministre de la Santé publique ou son délégué, conformément aux procédures en vigueur.

En cas de faible risque, lorsque le contact avec des patients ou des échantillons biologiques s’est fait dans le strict respect des mesures de prévention et de contrôle des infections, sans incident d’exposition, une surveillance active quotidienne est maintenue pendant 21 jours. Les personnes concernées sont également soumises aux restrictions temporaires prévues par les protocoles nationaux de riposte. Les déplacements nationaux ou internationaux restent possibles, mais sous conditions particulières fixées après évaluation individuelle du risque et sous réserve de la mise en œuvre de modalités appropriées de suivi sanitaire au lieu de destination.

Pour un risque minimal, c’est-à-dire pour les personnes n’ayant présenté aucune exposition documentée ou ne répondant pas aux critères des catégories précédentes, une auto-surveillance quotidienne est demandée pendant 21 jours. Ces personnes ont l’obligation de signaler immédiatement tout symptôme compatible avec la maladie à virus Ebola aux autorités sanitaires compétentes. Aucune restriction systématique de déplacement n’est appliquée, sauf si un risque particulier est identifié lors de l’évaluation individuelle réalisée par les autorités sanitaires.

Un dispositif pour protéger sans paralyser la riposte

L’objectif affiché est de ne pas entraver les opérations de lutte contre l’épidémie tout en limitant les risques de propagation. Les modalités précises de classification, de suivi et de dérogation sont fixées par des procédures opérationnelles standards approuvées par l’autorité sanitaire nationale. Cette approche graduée permet d’ajuster la réponse au plus près du risque réel, évitant des mesures uniformes qui pourraient décourager la mobilisation du personnel de santé. En effet, imposer un isolement strict à tous les intervenants risquerait de freiner la riposte, alors que la situation exige une présence continue sur le terrain. L’arrêté distingue donc clairement les situations pour maintenir un équilibre entre vigilance et efficacité.

Une épidémie toujours active dans l’Est

La 17e épidémie d’Ebola sévit dans l’est de la RDC depuis mai dernier. Plus de 900 personnes sont déjà décédées, et l’épicentre reste la province de l’Ituri. Dans ce contexte, la surveillance des acteurs de la riposte devient un enjeu crucial pour éviter que ceux qui combattent la maladie ne deviennent des vecteurs involontaires. L’arrêté de Roger Kamba s’inscrit dans cette logique de précaution, en rappelant que la vigilance doit s’exercer bien au-delà des zones affectées. Pour les communautés, ces mesures signifient que le personnel soignant qui rentre chez lui après une mission est soumis à un suivi strict, ce qui peut rassurer la population tout en maintenant la confiance dans le système de santé.

Article Ecrit par Amissi G

Source: Actualite.cd

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