Le déploiement du Mécanisme conjoint élargi de vérification du cessez-le-feu (EJVM+) se heurte à un obstacle juridique au Sud-Kivu, alors que les combats s’intensifient dans l’Est de la République démocratique du Congo. Kinshasa a désigné trois officiers des FARDC pour compléter l’équipe mixte, mais le Conseil de sécurité des Nations unies n’a pas encore autorisé l’extension de la mission de la MONUSCO dans cette province.
Un mécanisme presque complet, mais un verrou au Sud-Kivu
L’EJVM+, créé dans le cadre du processus de Doha sous l’égide du Qatar, vise à surveiller le cessez-le-feu entre les forces gouvernementales et la rébellion de l’AFC/M23. Il réunit des représentants des FARDC, de l’AFC/M23, de la MONUSCO et de la Conférence internationale sur la région des Grands Lacs (CIRGL), avec l’Union africaine, le Qatar et les États-Unis comme observateurs. Si le déploiement au Nord-Kivu ne devrait pas poser de difficultés, la situation est différente au Sud-Kivu, où la MONUSCO a achevé son retrait en 2024.
La résolution 2808, un cadre strict
La résolution 2808 (2025) du Conseil de sécurité, qui prolonge le mandat de la MONUSCO jusqu’au 20 décembre 2026, autorise la mission à appuyer le mécanisme de vérification, mais limite sa zone d’opérations principales au Nord-Kivu et à l’Ituri. Lors d’une réunion du Conseil le 26 juin 2026, plusieurs membres ont rappelé la nécessité d’une autorisation préalable pour tout déploiement au Sud-Kivu. L’ambassadeur chinois Fu Cong a déclaré : « S’agissant du Sud-Kivu, une approbation préalable du Conseil de sécurité est indispensable. » La Russie, par la voix de sa chargée d’affaires Anna Evstigneeva, a insisté : « Toute modification importante de sa participation à la surveillance du cessez-le-feu, notamment un éventuel déploiement au Sud-Kivu, doit être examinée par le Conseil de sécurité. »
Le processus de Doha maintenu, selon Kinshasa
Alors que l’annonce d’un dialogue inclusif par le président Félix Tshisekedi avait suscité des interrogations, le porte-parole du gouvernement, Patrick Muyaya, a affirmé lors d’un briefing le 17 juillet que le processus de Doha n’était « pas suspensif ». Il a évoqué des progrès, notamment l’arrivée d’officiers congolais à Goma pour la mise en place du mécanisme de vérification. « Certains de nos officiers se trouvent à Goma dans le cadre de cette mission », a-t-il précisé.
Un déploiement urgent face à l’intensification des combats
Les combats se poursuivent entre l’armée et l’AFC/M23, soutenue par le Rwanda, et les deux parties s’accusent mutuellement de violations du cessez-le-feu. De nombreux observateurs estiment qu’il devient urgent que le Conseil de sécurité se prononce pour permettre le déploiement de l’EJVM+ au Sud-Kivu, d’autant que la RDC assure la présidence tournante du Conseil en juillet. La question reste au cœur des débats : le mécanisme pourra-t-il être déployé sans autorisation explicite ?
Article Ecrit par Cédric Botela
Source: Actualite.cd
