Dimanche 19 juillet, environ 200 femmes et jeunes filles venues de plusieurs communes de Kinshasa ont reçu leurs brevets et des kits d’installation, marquant la fin d’un cycle de formation gratuit en entrepreneuriat et éducation financière. Initiée par la Fondation Grâce à ma mère (GRAME), cette session a couvert des filières pratiques comme la coupe-couture, l’esthétique-maquillage et la transformation agroalimentaire. L’objectif central est de structurer le potentiel des Congolaises, souvent reléguées à l’économie de débrouillardise, pour en faire des actrices du tissu économique de la capitale.
Du savoir-faire technique à la gestion structurée
La formation a mis l’accent sur les compétences de gestion indispensables pour sortir de l’économie de survie. Les participantes ont appris les mécanismes d’épargne, d’octroi de crédit, de calcul des coûts et de négociation commerciale. Ces notions visent à leur donner les outils pour piloter une activité avec rigueur, au-delà de la simple maîtrise d’un métier artisanal. Elles ont également été initiées à des outils modernes comme le Business Model Canvas (BMC), qui permet de structurer une idée commerciale informelle en une micro-entreprise rentable. Cette approche méthodique est essentielle pour transformer des activités de subsistance en entreprises viables, capables de générer des revenus stables.
Un appui matériel pour lever les barrières du démarrage
Au-delà des connaissances théoriques, chaque participante est repartie avec un kit d’installation adapté à sa filière. Ce soutien matériel est conçu pour lever l’un des principaux obstacles au lancement d’une activité : le manque de capital de départ. Dans le secteur informel, l’accès au financement est souvent limité, ce qui empêche de nombreuses femmes de concrétiser leurs projets. En fournissant à la fois la formation et l’équipement, la Fondation GRAME entend créer les conditions d’un démarrage immédiat, sans dépendre d’un crédit ou d’une aide extérieure. Cette dotation en nature réduit le risque d’endettement précoce et permet aux bénéficiaires de se concentrer sur le développement de leur clientèle et la qualité de leurs produits ou services.
L’autonomie financière comme levier familial et économique
Pour Julie Nsuele, présidente de la Fondation GRAME, l’enjeu dépasse la simple réinsertion professionnelle. Il s’agit d’extraire durablement ces femmes des logiques de pure subsistance. En leur donnant une culture financière et un outil de production, le programme vise à bâtir une autonomie économique réelle. L’effet attendu est double : permettre à ces femmes de subvenir aux besoins de leurs familles et les positionner comme des actrices à part entière du tissu économique de la capitale. Cette initiative illustre une approche pragmatique de l’entrepreneuriat féminin, où la formation technique et la gestion financière se complètent pour créer des activités pérennes. En renforçant les capacités de ces micro-entrepreneures, le programme contribue à dynamiser l’économie locale et à réduire la vulnérabilité des ménages dirigés par des femmes.
Article Ecrit par Amissi G
Source: radiookapi.net
