La reprise des activités sanitaires à Nyakunde, dans le territoire d’Irumu en Ituri, reste fragile après les violences du 15 juillet. Si les patients atteints d’Ebola qui avaient fui le Centre de traitement ont été ramenés, la fréquentation demeure faible et une partie du personnel soignant n’a pas encore repris le travail, signe d’une psychose persistante.
Un retour progressif mais incomplet des patients et des soignants
Selon l’Union des associations culturelles pour le développement de l’Ituri (UNADI), quatre malades d’Ebola qui s’étaient enfuis pendant les affrontements ont été reconduits par leurs proches et des membres de la communauté. Ce geste est encourageant, mais il ne suffit pas à rétablir la confiance. Le Centre de traitement d’Ebola enregistre encore une faible affluence, et certains agents de santé, notamment parmi les partenaires internationaux, ne sont toujours pas revenus. Cette situation ralentit la riposte contre la maladie dans une zone où chaque jour compte pour briser les chaînes de transmission.
Un climat de peur qui freine la lutte contre Ebola
Les violences du 15 juillet, déclenchées par la mort du chef de la milice Front patriotique et intégrationniste du Congo (FPIC), ont provoqué des déplacements de population et désorganisé les services de santé. Même si les activités économiques et sanitaires reprennent depuis le 20 juillet, la psychose reste vive. Les habitants redoutent de nouveaux incidents, ce qui les dissuade de se rendre au Centre de traitement ou de regagner leurs villages. L’UNADI et le Conseil provincial de la jeunesse appellent les déplacés à rentrer chez eux et exhortent le personnel soignant à reprendre ses activités, estimant que les conditions de sécurité se sont améliorées.
Un dispositif sécuritaire renforcé pour rassurer la population
Pour consolider ce retour à la normale, les Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) ont accru leur présence afin de protéger les civils et les infrastructures stratégiques. La Mission de l’Organisation des Nations Unies pour la stabilisation en RDC (MONUSCO) a déployé une base opérationnelle mobile à Marabo, une localité sensible du territoire d’Irumu. Par ailleurs, la milice FPIC a réaffirmé son engagement à respecter les accords d’Aru II, qui prévoient la cessation définitive des violences en Ituri. Cette annonce pourrait apaiser les craintes et favoriser un environnement plus sûr pour les équipes médicales et les communautés.
La reprise complète des activités de riposte contre Ebola à Nyakunde dépendra de la capacité à restaurer durablement la confiance. Le retour des patients et des soignants est un premier pas, mais il doit s’accompagner d’une stabilité sécuritaire tangible pour que la population puisse à nouveau accéder aux soins sans peur.
Article Ecrit par Amissi G
Source: radiookapi.net
