Corneille Nangaa a formellement rejeté toute perspective de dialogue avec le pouvoir de Kinshasa, estimant que la crise congolaise ne peut être résolue par de nouveaux compromis politiques. Dans une vidéo diffusée par ses équipes, il a qualifié le pouvoir congolais de « manipulateur menteur qui ne respecte jamais ses engagements », écartant ainsi l’option d’un dialogue au moment où Kinshasa tente de mettre en place un nouveau cadre de discussions nationales avec l’appui des confessions religieuses.
Un rejet explicite du processus annoncé
La déclaration de Corneille Nangaa constitue l’un des premiers rejets explicites du processus annoncé par les autorités congolaises. Elle souligne l’un des principaux obstacles à son caractère inclusif : la participation, ou non, des acteurs qui refusent de reconnaître le pouvoir de Kinshasa comme un interlocuteur crédible. Pour M. Nangaa, la solution ne réside pas dans « des compromis hypocrites », mais dans l’action et dans une « refondation de l’État ».
Cette position intervient dans un contexte où les initiatives de dialogue se multiplient, mais peinent à rassembler l’ensemble des forces politiques et sociales. Le rejet de Corneille Nangaa met en évidence la défiance persistante d’une partie de l’opposition envers les institutions actuelles, perçues comme incapables de garantir des engagements durables. En refusant de s’inscrire dans le cadre proposé, il pose la question de la légitimité même du processus et de sa capacité à produire des résultats concrets.
Quatre priorités pour une refondation de l’État
Corneille Nangaa a cité quatre priorités pour cette refondation : la construction d’une armée « dissuasive », d’une police « protectrice », d’une justice « indépendante » et d’une administration « fonctionnelle ». Par cette déclaration, il ne se contente pas de refuser le format proposé par Kinshasa. Il conteste plus largement l’idée qu’un arrangement politique puisse, à lui seul, répondre à la crise actuelle, et oppose au dialogue une transformation en profondeur des institutions de l’État.
Ces quatre piliers dessinent une feuille de route qui dépasse le simple cadre d’une négociation politique. Ils renvoient à des réformes structurelles que M. Nangaa juge indispensables pour restaurer la confiance des citoyens et assurer la stabilité du pays. En mettant l’accent sur ces institutions régaliennes, il souligne les carences qu’il attribue au pouvoir en place et l’urgence d’une refonte complète plutôt que d’un énième compromis.
Un obstacle à l’inclusivité du dialogue national
La position de Corneille Nangaa met en lumière les difficultés auxquelles se heurte le processus de dialogue national. En refusant de reconnaître la légitimité du pouvoir de Kinshasa comme interlocuteur, il remet en cause la possibilité même d’un cadre de discussions inclusif. Cette prise de position intervient alors que les autorités congolaises cherchent à élargir la participation aux discussions, avec le soutien des confessions religieuses.
Le rejet de Corneille Nangaa soulève des questions sur la capacité du dialogue à intégrer les différentes forces politiques et sociales du pays. Sans la participation d’acteurs clés qui contestent la légitimité du pouvoir, le processus risque de manquer de représentativité et de ne pas aboutir à des solutions durables pour la crise congolaise. La crédibilité du dialogue dépendra en grande partie de la capacité des autorités à convaincre ces opposants de s’asseoir à la table des négociations, ou à défaut, de proposer un cadre suffisamment large pour que les décisions qui en émanent soient reconnues comme légitimes par l’ensemble de la population.
Article Ecrit par Cédric Botela
Source: Actualite.cd
