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Kinshasa : la poussière de la saison sèche, un risque sanitaire pour les motocyclistes Wewa

À Kinshasa, la saison sèche transforme les grands axes en nuages de poussière, imposant aux motocyclistes « Wewa » un risque sanitaire quotidien. Sur l’avenue Kasa-Vubu, entre la station Moulaert et Kintambo Magasin, chaque véhicule soulève des particules qui réduisent la visibilité et augmentent le danger d’accidents. Mais au-delà de la sécurité routière, c’est la santé respiratoire de ces travailleurs qui est directement menacée.

Pourquoi la poussière devient un problème de santé publique

La poussière en suspension n’est pas qu’une gêne visuelle : elle pénètre les voies respiratoires et peut provoquer des irritations immédiates. Pour les motocyclistes, exposés plusieurs heures par jour sans protection suffisante, les conséquences sont concrètes. Grippes à répétition, toux chroniques et irritations oculaires font désormais partie de leur quotidien. Un conducteur témoigne : « En cette période, notre plus grand problème, c’est la poussière. Le casque, les lunettes ou le cache-nez ne nous protègent pas totalement. Ils réduisent seulement la quantité de poussière que nous respirons. Voilà pourquoi beaucoup d’entre nous tombent souvent malades. »

Cette exposition prolongée n’est pas sans rappeler les risques liés aux particules fines, qui peuvent aggraver des affections respiratoires préexistantes ou en déclencher de nouvelles. Pour ces professionnels de la route, chaque journée de travail devient un défi sanitaire, avec des répercussions directes sur leur capacité à exercer leur métier et à subvenir aux besoins de leur famille.

Des équipements de protection dépassés par la densité des particules

Même les motocyclistes qui tentent de se protéger se heurtent à un paradoxe. Lunettes, masques ou casques intégraux montrent leurs limites face à la densité de la poussière. Un autre conducteur explique : « Au début de la saison sèche, je portais toujours des lunettes pour me protéger de la poussière. Mais aujourd’hui, il y en a tellement que les lunettes gênent parfois ma visibilité. Je suis obligé de conduire sans. » Cette situation oblige à choisir entre voir la route et respirer un air moins chargé, au détriment de la sécurité.

Ce dilemme illustre l’insuffisance des solutions individuelles face à un problème d’ampleur collective. Les équipements disponibles sur le marché local ne sont pas conçus pour filtrer des concentrations aussi élevées de particules, et leur utilisation peut même devenir contre-productive lorsqu’elle réduit la visibilité, augmentant ainsi le risque d’accident.

Ce que réclament les motocyclistes pour réduire les risques

Face à cette menace persistante, les « Wewa » interpellent les services d’assainissement de la ville. Leur demande est simple : un balayage mécanique régulier et un arrosage ciblé des principales artères bitumées. Selon eux, ces opérations réduiraient l’envol des poussières, amélioreraient la visibilité et préserveraient la santé de tous les usagers. Une mesure d’entretien urbain qui aurait des effets directs sur la réduction des infections respiratoires chez ces travailleurs de la route.

En attendant une réponse des autorités, les motocyclistes continuent de sillonner les avenues poussiéreuses de Kinshasa, conscients que leur santé se dégrade un peu plus chaque jour. La saison sèche, qui devrait être une période de ciel clair, se mue en un calvaire sanitaire pour ceux qui font vivre la mobilité urbaine.

Article Ecrit par Amissi G

Source: radiookapi.net

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