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Watsa : la société civile alerte sur l’insécurité et réclame le redéploiement des forces de l’ordre

La situation sécuritaire dans le territoire de Watsa, au Haut-Uélé, s’est dégradée de manière préoccupante ces dernières semaines, selon un constat dressé par la société civile locale. Dimanche 19 juillet, ses représentants ont publiquement alerté sur la multiplication des attaques armées visant les populations civiles et leurs biens, appelant à un redéploiement urgent des forces de l’ordre dans les villages.

Des attaques nocturnes ciblant commerces et habitants

Les incursions de bandes armées, opérant de nuit avec des fusils et des machettes, se sont intensifiées, provoquant une psychose grandissante parmi les habitants. Le dernier incident en date s’est produit dans la nuit du jeudi 16 au vendredi 17 juillet dans la localité de Doubélé, située à une vingtaine de kilomètres du centre de Watsa. Selon les informations recueillies par la société civile, entre onze et seize boutiques ont été dévalisées au cours de cette opération. Les assaillants auraient emporté de l’or, de l’argent liquide, des téléphones et d’autres biens de valeur avant de prendre la fuite, laissant les commerçants dans le désarroi.

Un dispositif de sécurité déséquilibré au profit des sites miniers

Pour les acteurs de la société civile, la persistance de cette insécurité s’explique en grande partie par un déséquilibre dans le déploiement des forces de sécurité. Une part importante des effectifs de police et de l’armée serait en effet affectée à la surveillance des sites miniers, au détriment de la protection des zones habitées. Cette concentration des moyens autour des exploitations aurifères laisse les villages exposés aux actions des groupes armés. Atchidri Droma, responsable local de la société civile, a exhorté les autorités à mettre en œuvre les directives présidentielles exigeant le retrait des militaires et policiers des sites miniers pour les redéployer auprès des populations. « Notre plaidoyer est de demander aux autorités d’exécuter la mesure du Chef de l’État demandant à tous les militaires et policiers déployés sur les sites miniers de quitter ces sites pour sécuriser la population. Sur le terrain, rien n’a changé », a-t-il déclaré, soulignant l’absence de progrès concret.

L’évasion de la prison de Watsa accentue la pression

Le climat d’insécurité a été aggravé par un événement survenu le vendredi 17 juillet dans l’après-midi : l’évasion de 70 détenus de la prison centrale de Watsa. Parmi les fugitifs figureraient plusieurs individus condamnés pour des infractions graves, ce qui fait craindre une recrudescence des actes criminels dans la région. Cette évasion massive, dont les circonstances restent à éclaircir, renforce le sentiment de vulnérabilité des habitants et la défiance envers les institutions chargées de la sécurité. Jusqu’à ce lundi, les autorités territoriales n’avaient pas réagi publiquement aux accusations portées par la société civile ni aux demandes de renforcement de la présence policière et militaire dans les agglomérations. L’absence de réponse officielle alimente l’inquiétude d’une population qui réclame depuis plusieurs années des mesures effectives pour endiguer un banditisme armé persistant.

Article Ecrit par Cédric Botela

Source: radiookapi.net

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