La zone de santé de Musienene, dans le territoire de Lubero au Nord-Kivu, fait face à une résurgence du virus Ebola avec 15 cas confirmés et 9 décès, selon un rapport de la riposte rendu public le 17 juillet. Ces chiffres, confirmés par la société civile locale, mettent en lumière une souche particulière du virus et une réponse sanitaire jugée insuffisante par les acteurs de terrain.
Une souche Bundibugyo identifiée à Musienene
Les analyses effectuées sur des échantillons envoyés à Beni ont révélé que les cas enregistrés à Musienene sont liés à la souche Bundibugyo du virus Ebola. Cette précision est importante car elle distingue cette flambée de celle provoquée par la souche Zaïre, plus fréquente dans la région. La société civile de Musienene, par la voix de son président Kambale Maboko Fanuel, a confirmé ces résultats, soulignant la nécessité d’adapter la riposte à cette souche spécifique.
Une répartition géographique qui inquiète
Les 15 cas confirmés sont dispersés dans cinq aires de santé, ce qui complique le contrôle de l’épidémie. Nduko est la plus touchée avec 8 cas et 5 décès, suivie de Vikindwe (3 cas, 2 décès), Ivatama (2 cas, 1 décès), Katolo (1 cas, 1 décès) et Kyambogho (1 cas, 0 décès). Cette dispersion géographique augmente le risque de propagation si les mesures barrières ne sont pas strictement observées par la population.
Un appel à l’aide face à une riposte jugée minimale
Kambale Maboko Fanuel a exprimé son inquiétude quant à l’engagement du gouvernement dans cette partie du territoire de Lubero. « Vu l’ampleur de ces cas confirmés et le nombre de décès qui ne cesse d’augmenter chaque jour, nous appelons le gouvernement à mettre en place un mécanisme pour faire face à cette maladie à virus Ebola. Si rien n’est fait, nous risquons de nous attendre au pire », a-t-il déclaré. Il a également pointé du doigt la résistance communautaire, alimentée par de fausses informations, qui pousse certains à croire que le Centre de traitement d’Ebola (CTE) est synonyme de mort. « La population semble croire que tous ceux qui vont au CTE doivent, coûte que coûte, mourir. Or, ce n’est pas le cas », a-t-il ajouté, appelant à une sensibilisation accrue.
Un contexte provincial déjà sous tension
Au niveau provincial, la situation reste préoccupante. Le 17 juillet, sept nouveaux cas ont été notifiés : cinq à Katwa et deux à Butembo. Selon la situation épidémiologique du 18 juillet 2026, le cumul des cas confirmés dans la province s’élève à 213, dont 142 décès, soit un taux de létalité de 66,7 %. On compte également 36 personnes guéries, 25 cas actifs et 10 patients déplacés ou évadés. Katwa demeure l’épicentre avec 93 cas et 62 décès, suivi de Butembo (46 cas, 31 décès) et Beni (36 cas, 27 décès). Au total, 11 des 34 zones de santé du Nord-Kivu sont touchées, et 3 009 contacts sont actuellement suivis, avec un taux de suivi de 87 %.
Face à cette situation, la société civile de Musienene insiste sur la nécessité de doter les structures sanitaires de kits de prévention et de renforcer la communication pour contrer les rumeurs. La riposte, bien qu’active, doit s’adapter à la méfiance des communautés et à la dispersion des cas pour éviter une aggravation de l’épidémie.
Article Ecrit par Amissi G
Source: Actualite.cd
