Ce lundi 20 juillet 2026, l’actualité congolaise est dominée par des tensions politiques à Kinshasa, une insécurité persistante dans l’Est et une crise sanitaire liée au virus Ebola. Voici les faits marquants de la journée.
Kinshasa : Augustin Kabuya réclame des drones pour encadrer la marche de l’opposition
Le secrétaire général de l’UDPS, Augustin Kabuya, a officiellement demandé aux autorités un encadrement strict de la marche de l’opposition prévue le 22 juillet. Lors d’une matinée politique tenue ce dimanche 19 juillet au siège du parti, il a plaidé pour le déploiement de drones de surveillance et de véhicules de police transportant des journalistes, afin de documenter ce qu’il qualifie par avance de flop. S’adressant directement au ministre de l’Intérieur Jacquemain Shabani, membre de l’UDPS, il a suggéré l’achat de drones pour la police et la mise à disposition de pick-up pour embarquer des journalistes, déclarant : « Je dis ceci au ministre de l’Intérieur : vous êtes membre de l’UDPS. Il faut faire la différence dans telles manifestations. Ce n’est pas l’argent qui manque pour acheter des drones à donner à la police ; il ne manque pas de pick-up de la police. Vous en prenez quatre, vous y embarquer des journalistes et des drones pour prendre tous les mouvements des manifestants. »
Dans son intervention, Augustin Kabuya a également déclaré la commune de la Gombe zone interdite aux manifestations, la qualifiant de zone institutionnelle où aucune manifestation ne peut se tenir, et a défié les opposants à démontrer leur popularité en dehors de ce périmètre. Cette position vise à restreindre le champ d’action de la marche du 22 juillet, en contestant la légitimité du lieu choisi par les organisateurs. En parallèle, il a annoncé une contre-marche de l’UDPS le 24 juillet pour démontrer la popularité du président Tshisekedi, promettant une mobilisation massive dans toutes les rues de Kinshasa. Il a lancé : « La rue, c’est nous. Qu’ils fassent leur coup de théâtre du 22 juillet. Nous allons faire notre démonstration de force deux jours après, nous allons marcher dans toutes les rues de Kinshasa. » Le chef du parti au pouvoir a également appelé le camp Mbata à ne pas humilier Félix Tshisekedi en organisant une contre-marche le même jour que l’opposition. Lire l’article complet.
Beni : le CVC réclame une enquête indépendante sur les attaques des ADF
Face à la recrudescence des violences attribuées aux ADF à Beni, l’organisation Le Cri des victimes du Congo (CVC) exige une enquête indépendante sur les récentes attaques. Dans un communiqué publié dimanche 19 juillet, le CVC a exprimé sa profonde préoccupation face à la multiplication des attaques et des tueries de civils, menaçant gravement la vie et les droits fondamentaux des populations. Le coordonnateur de l’organisation, Espoir Sadiki Shemukobya, a affirmé avoir recueilli plusieurs témoignages faisant état d’interrogations sur le fonctionnement du dispositif de sécurité déployé à Beni et dans ses périphéries, évoquant d’éventuelles défaillances. « Plusieurs témoignages recueillis auprès des habitants et d’autres sources locales font état de préoccupations concernant le fonctionnement du dispositif de sécurité dans la ville et ses environs. Certaines informations évoquent d’éventuelles défaillances », a-t-il déclaré.
Ces préoccupations surviennent dans un contexte où la région de Beni est régulièrement confrontée à l’insécurité, malgré les opérations militaires menées contre les groupes armés actifs dans l’Est de la RDC. Le CVC insiste sur la nécessité de faire toute la lumière sur les circonstances de ces attaques, afin de déterminer si des manquements ont pu faciliter les incursions rebelles. L’organisation demande l’ouverture immédiate d’une enquête indépendante, impartiale et transparente pour établir les faits, déterminer les responsabilités éventuelles et renforcer la confiance de la population. Elle appelle également la communauté internationale à accompagner les efforts visant à faire émerger la vérité et à lutter contre l’impunité, rappelant que la protection des civils est une obligation fondamentale des autorités publiques. Jusqu’à ce lundi après-midi, aucune réaction des responsables des FARDC dans la région de Beni n’avait été obtenue, un silence qui contraste avec l’urgence exprimée par le CVC et les habitants. Lire l’article complet.
Marche du MCA à Kinshasa : rejet du brassage des groupes armés dans les FARDC
Le Mouvement Congo en-Avant (MCA) a mobilisé ses partisans à Kinshasa ce samedi 18 juillet 2026 pour une marche patriotique intitulée « Dérwandalisation de la RDC face au changement de la Constitution », axée sur la situation sécuritaire dans l’est du pays. La manifestation a mis en lumière les revendications du parti concernant la présence des forces rwandaises sur le territoire congolais et la défense de l’intégrité nationale. Le MCA a exigé le retrait des troupes rwandaises de la RDC, dénonçant leur présence comme une menace à la souveraineté du pays, et a appelé les autorités nationales et la communauté internationale à s’impliquer davantage pour mettre fin aux violences persistantes dans l’Est.
Son président, Kas Kasongo Kalala, a plaidé pour une réforme et un renforcement de l’armée nationale, rejetant catégoriquement les processus de brassage et de mixage. Il a conditionné sa participation à tout dialogue inclusif à l’exclusion de ces mécanismes, estimant que les expériences passées n’ont pas apporté de solution durable aux crises sécuritaires. « Nous disons non au brassage, nous disons non au mixage, nous disons non à la rwandisation », a-t-il déclaré devant les militants. Kas Kasongo Kalala a par ailleurs exprimé son soutien au président Félix Tshisekedi dans ses démarches pour le retour de la paix, encourageant le chef de l’État à poursuivre les efforts diplomatiques et militaires nécessaires. Cette marche intervient alors que la question de la réforme du secteur de la sécurité reste un enjeu central en RDC, les précédents programmes de brassage et de mixage ayant souvent été critiqués pour leur inefficacité à désarmer et intégrer durablement les combattants. Lire l’article complet.
Tshisekedi renonce à New York : la présidence congolaise du Conseil de sécurité amputée
Le président Félix Tshisekedi ne présidera pas le débat du Conseil de sécurité de l’ONU le 22 juillet à New York, contrairement à ce qui était prévu. Il devait y présider en personne un débat public de haut niveau consacré à la gouvernance des ressources naturelles comme fondement de la paix, de la sécurité et de la prospérité, point d’orgue de la présidence congolaise du Conseil de sécurité pour le mois de juillet 2026. D’après une source proche du dossier, ce changement de programme s’expliquerait par l’évolution de la situation politique et sécuritaire dans le pays, exigeant une présence soutenue et un suivi rapproché du chef de l’État à Kinshasa. La nature exacte de cette évolution n’a pas été précisée, laissant planer des interrogations sur les développements en cours.
La présidence congolaise du Conseil de sécurité est maintenue, mais les modalités de représentation restent à préciser. Une réunion selon la formule Arria a déjà été organisée le 13 juillet à New York, sous la conduite de la ministre d’État aux Affaires étrangères, Thérèse Kayikwamba Wagner. Le débat public du 22 juillet devrait se tenir comme prévu, probablement sous la conduite de la ministre des Affaires étrangères ou d’un autre haut responsable. L’absence du chef de l’État ne remet pas en cause la tenue de l’événement, mais elle modifie la portée symbolique de cette présidence. Le thème de la gouvernance des ressources naturelles revêt une importance particulière pour la RDC, pays riche en ressources mais confronté à des défis sécuritaires persistants, notamment l’exploitation illicite de ses minerais alimentant des conflits dans l’est. Lire l’article complet.
Ituri : retour lent des déplacés et hôpital détruit à Banyali-Kilo, un risque sanitaire persiste
Dans le secteur de Banyali-Kilo, en Ituri, près de huit mois après la fin des violences, le retour à une vie normale reste un défi majeur. Le chef de secteur, Innocent Madukadala, a dressé un constat préoccupant : seuls 20 % des déplacés ont regagné leurs villages, et les infrastructures sanitaires, notamment l’Hôpital général de référence d’Itendey, ne sont toujours pas réhabilitées. Sur l’axe Kilo-Andasia-Lisey-Kabakaba, de nombreuses familles découvrent à leur retour des habitations détruites ou incendiées et reconstruisent progressivement des abris de fortune. Cette précarité du logement expose les retournés à des conditions de vie difficiles, surtout en cette période de pluies.
La situation sanitaire constitue une préoccupation majeure, aggravée par la présence de cas suspects d’Ebola (10 à 15 cas suspects et cas contacts). L’hôpital d’Itendey, fortement affecté par les violences, n’a toujours pas été réhabilité, rendant l’accès aux soins de santé primaire très compliqué. « L’Hôpital général de référence d’Itendey n’est toujours pas réhabilité. Les soins de santé primaire sont devenus un véritable casse-tête pour les habitants, surtout dans ce contexte de maladie à virus Ebola. Pour une urgence médicale, il faut recourir à Mungwalu. Le temps que l’ambulance arrive, il est parfois déjà trop tard », déplore Innocent Madukadala. Sur le plan économique, la reprise demeure progressive : à Kilo-État, les activités commerciales ont retrouvé environ 50 % de leur niveau habituel, mais dans plusieurs villages, la fréquentation des marchés reste faible en raison des craintes persistantes liées à l’insécurité. L’agriculture peine également à se redresser, la production de banane plantain ayant fortement diminué, ce qui entraîne une hausse des prix. Le chef de secteur appelle à consolider la paix et à relancer les services de base. Lire l’article complet.
Watsa : la société civile alerte sur l’insécurité et réclame le redéploiement des forces de l’ordre
La société civile de Watsa, au Haut-Uélé, a alerté dimanche 19 juillet sur la recrudescence des attaques armées nocturnes. Les incursions de bandes armées, opérant de nuit avec des fusils et des machettes, se sont intensifiées, provoquant une psychose grandissante parmi les habitants. Le dernier incident en date s’est produit dans la nuit du jeudi 16 au vendredi 17 juillet dans la localité de Doubélé, où entre onze et seize boutiques ont été dévalisées, les assaillants emportant de l’or, de l’argent liquide, des téléphones et d’autres biens de valeur.
La société civile dénonce un déséquilibre sécuritaire au profit des sites miniers, une part importante des effectifs de police et de l’armée étant affectée à la surveillance des exploitations aurifères au détriment de la protection des zones habitées. Atchidri Droma, responsable local de la société civile, a exhorté les autorités à exécuter les directives présidentielles exigeant le retrait des militaires et policiers des sites miniers pour les redéployer auprès des populations, déclarant : « Notre plaidoyer est de demander aux autorités d’exécuter la mesure du Chef de l’État demandant à tous les militaires et policiers déployés sur les sites miniers de quitter ces sites pour sécuriser la population. Sur le terrain, rien n’a changé. » Le climat d’insécurité a été aggravé par l’évasion de 70 détenus de la prison centrale de Watsa le vendredi 17 juillet, parmi lesquels figureraient plusieurs individus condamnés pour des infractions graves, faisant craindre une recrudescence des actes criminels. Jusqu’à ce lundi, les autorités territoriales n’avaient pas réagi publiquement. Lire l’article complet.
Ebola à Musienene : 15 cas confirmés et un appel à l’aide face à la riposte
La zone de santé de Musienene, dans le territoire de Lubero au Nord-Kivu, a enregistré 15 cas confirmés d’Ebola, dont 9 décès, selon un rapport de la riposte rendu public le 17 juillet. Les analyses effectuées sur des échantillons envoyés à Beni ont révélé que ces cas sont liés à la souche Bundibugyo du virus Ebola, une précision importante qui distingue cette flambée de celle provoquée par la souche Zaïre, plus fréquente dans la région. La société civile locale, par la voix de son président Kambale Maboko Fanuel, a confirmé ces résultats et souligné la nécessité d’adapter la riposte à cette souche spécifique.
Les 15 cas confirmés sont dispersés dans cinq aires de santé, ce qui complique le contrôle de l’épidémie : Nduko est la plus touchée avec 8 cas et 5 décès, suivie de Vikindwe (3 cas, 2 décès), Ivatama (2 cas, 1 décès), Katolo (1 cas, 1 décès) et Kyambogho (1 cas, 0 décès). La société civile déplore un engagement gouvernemental minime et appelle à doter les structures sanitaires de kits de prévention, tout en luttant contre la résistance communautaire alimentée par de fausses informations. « Vu l’ampleur de ces cas confirmés et le nombre de décès qui ne cesse d’augmenter chaque jour, nous appelons le gouvernement à mettre en place un mécanisme pour faire face à cette maladie à virus Ebola. Si rien n’est fait, nous risquons de nous attendre au pire », a déclaré Kambale Maboko Fanuel. Il a également pointé du doigt la croyance selon laquelle le Centre de traitement d’Ebola (CTE) est synonyme de mort, appelant à une sensibilisation accrue. Au niveau provincial, la situation reste préoccupante : le cumul des cas confirmés dans le Nord-Kivu s’élève à 213, dont 142 décès, avec Katwa comme épicentre (93 cas, 62 décès). Au total, 11 des 34 zones de santé de la province sont touchées. Lire l’article complet.
En résumé, cette journée du 20 juillet 2026 illustre les multiples défis auxquels la RDC est confrontée : tensions politiques à l’approche de manifestations, insécurité persistante dans plusieurs provinces et urgence sanitaire liée à Ebola. La population attend des actions concrètes des autorités.
