Le Daring Club Motema Pembe (DCMP) traverse une crise de gouvernance sans précédent, qui menace de compromettre son avenir après une saison 2025-2026 catastrophique. Relégué en Ligue 2, le club historique de Kinshasa se retrouve aujourd’hui déchiré entre deux directions concurrentes, plongeant supporteurs et joueurs dans une incertitude totale. Comment un monument du football congolais en est-il arrivé là, et quelles conséquences pour ceux qui le font vivre ?
Une relégation aux lourdes conséquences
La saison 2025-2026 restera comme un tournant douloureux pour le DCMP. Les résultats sportifs désastreux ont conduit à une relégation en Ligue 2, un coup dur pour un club au riche palmarès. Mais au-delà de la déception sportive, cette descente a révélé des fractures profondes dans la gestion du club. Les joueurs, laissés sans assistance suffisante durant cette période critique, ont été les premiers à subir les conséquences d’une gouvernance défaillante. Cette situation a cristallisé les tensions entre les instances dirigeantes, ouvrant la voie à une crise institutionnelle majeure.
L’intervention ministérielle, un répit financier insuffisant
Face à l’urgence, le gouvernement a tenté d’apporter une réponse. Début juillet 2026, le ministre des Sports et Loisirs, Didier Budimbu, a rencontré les dirigeants du club. À l’issue de cette réunion, une aide financière de 660 000 USD a été annoncée, destinée à apurer les dettes du DCMP auprès de la FIFA. Cette bouffée d’oxygène, bien que cruciale pour éviter des sanctions internationales, n’a pas suffi à apaiser les dissensions internes. Au contraire, elle a peut-être exacerbé la lutte pour le contrôle d’un club en pleine restructuration.
Un coup de force qui fracture le club
Le 17 juillet 2026, le conseil d’administration a franchi un pas décisif. Réuni en urgence à l’hôtel Sultani, il a organisé une « assemblée de clarification » au cours de laquelle le comité de direction dirigé par Paul Kasembele a été destitué. Les motifs invoqués : mauvaise gestion et manque d’assistance aux joueurs durant la saison écoulée. Pour assurer la transition, un binôme composé d’Étienne Matoto et Sandra Kaposa a été nommé, avec pour mission d’organiser des élections sous quinzaine. Cette décision, présentée comme un acte de salubrité, a immédiatement été contestée.
La riposte et le spectre d’une paralysie
Vingt-quatre heures plus tard, le 18 juillet, le comité Kasembele a réagi par voie de communiqué. Rejetant en bloc les décisions de l’assemblée, qu’il juge illégales, il a annoncé la suspension de Sandra Kaposa. Le DCMP se retrouve ainsi avec deux directions revendiquant la légitimité, une situation qui plonge le club dans une paralysie décisionnaire. Pour les supporteurs, cette guerre des chefs est un crève-cœur, alors que l’urgence est à la reconstruction sportive et financière.
Cette crise de gouvernance intervient à un moment charnière. Le club doit préparer sa relance en Ligue 2, un défi qui exige unité et stabilité. L’aide gouvernementale, destinée à solder les litiges FIFA, risque d’être dilapidée si les querelles internes persistent. Au-delà des luttes de pouvoir, c’est l’avenir même du DCMP, son rayonnement historique et son lien avec les Kinois, qui est en jeu. Une résolution rapide de cette crise institutionnelle est impérative, sous peine de voir le club s’enfoncer durablement.
Article Ecrit par Chloé Kasong
Source: footrdc.com
