Dans l’aire de santé de Mutakato, située dans la zone de santé de Walikale au Nord-Kivu, l’accès à l’eau potable demeure un défi quotidien pour les habitants. En l’absence d’un système d’adduction d’eau, la population se tourne vers des sources non aménagées, une pratique qui expose à des risques sanitaires importants. Le personnel soignant local tire la sonnette d’alarme face à une recrudescence des maladies d’origine hydrique, un problème évitable qui pèse lourdement sur une communauté déjà vulnérable.
Une hausse des cas de maladies hydriques documentée
Depuis le début du mois de juillet, le centre de santé de Mutakato a pris en charge 30 cas de maladies liées à la consommation d’eau insalubre. L’infirmier titulaire, Akilimali Mubangu, explique que la majorité des ménages utilise de l’eau puisée dans des sources non aménagées. Cette eau est à l’origine de diarrhées, de fièvres typhoïdes et d’autres affections hydriques. Ces pathologies, bien que traitables, représentent une charge supplémentaire pour un système de santé aux ressources limitées. Chaque nouveau cas mobilise du temps et des moyens qui pourraient être évités par un accès à une eau de qualité.
Un risque sanitaire continu pour les plus fragiles
La consommation d’eau non potable crée un risque sanitaire permanent pour l’ensemble de la population. Les maladies hydriques peuvent se propager rapidement, surtout dans des zones où les infrastructures d’hygiène sont insuffisantes. Akilimali Mubangu souligne que cette situation constitue une menace constante pour la santé publique. Les enfants et les personnes vulnérables sont les plus exposés, car leur organisme résiste moins bien aux infections. Cette réalité aggrave les inégalités en matière de santé dans cette région reculée du Nord-Kivu, où l’accès aux soins est déjà difficile.
L’aménagement des sources, une solution pour prévenir les épidémies
Face à cette situation, l’infirmier titulaire appelle les autorités et les partenaires humanitaires à investir dans l’aménagement des sources d’eau et la mise en place d’infrastructures d’approvisionnement en eau potable. Il insiste sur le fait que l’aménagement des sources est une priorité pour protéger la population. Une telle intervention permettrait de prévenir des épidémies de choléra, de diarrhée ou de fièvre typhoïde, qui peuvent avoir des conséquences graves dans un contexte sanitaire fragile. En réduisant le nombre de cas, on diminuerait aussi la pression sur le centre de santé, libérant des ressources pour d’autres urgences.
Des attentes fortes pour une réponse rapide
Les habitants de Mutakato espèrent une réponse rapide des acteurs concernés. L’accès à l’eau potable est un droit fondamental, et son absence prolongée entretient un cycle de maladies et de pauvreté. Les solutions techniques existent, mais elles nécessitent une mobilisation concrète et des financements. En attendant, la population continue de subir les conséquences d’un environnement où l’eau, essentielle à la vie, devient un vecteur de maladies. Améliorer l’accès à l’eau potable aurait un impact direct sur la santé publique et les conditions de vie des familles de cette zone de santé de Walikale.
Article Ecrit par Amissi G
Source: Actualite.cd
