La Chine a exhorté les parties au conflit dans l’Est de la République démocratique du Congo (RDC) à instaurer un cessez-le-feu complet, lors d’une séance du Conseil de sécurité de l’ONU. L’ambassadeur Fu Cong a souligné que la situation sécuritaire et humanitaire est « plus grave que jamais », appelant la communauté internationale à agir rapidement pour protéger les civils et relancer les efforts de paix. Cette déclaration intervient alors que les combats persistent, malgré les multiples initiatives diplomatiques en cours.
Un cessez-le-feu complet comme priorité immédiate
Selon Pékin, la priorité absolue est l’arrêt des hostilités. « Tout d’abord, il faut parvenir à un cessez-le-feu complet le plus rapidement possible », a déclaré Fu Cong, déplorant que les échanges de tirs persistent malgré les attentes. Il a insisté sur la nécessité d’appliquer pleinement la résolution 2773 du Conseil de sécurité, qui exige la cessation des hostilités, le respect du droit international humanitaire et la protection des civils. Cette résolution constitue un cadre contraignant pour tous les acteurs impliqués, mais sa mise en œuvre reste un défi majeur sur le terrain. En effet, le manque de confiance entre les parties et la poursuite des affrontements rendent difficile l’instauration d’une paix durable.
Le rôle clé des médiateurs dans l’application des accords
Fu Cong a invité les médiateurs extérieurs à redoubler d’efforts pour garantir l’application effective des accords de paix. Sans nommer explicitement les États-Unis et le Qatar, il a souligné que tous les États doivent respecter les embargos sur les armes et honorer leurs engagements de cessation des hostilités. La souveraineté et l’intégrité territoriale de la RDC doivent être préservées, a-t-il martelé. Cette déclaration intervient alors que les processus de paix, comme l’Accord de Washington et le processus de Doha, peinent à produire des résultats concrets en raison d’un manque de confiance entre les parties et d’une volonté politique insuffisante. Chaque partie continue d’interpréter les dispositions des accords selon sa propre lecture, ce qui rend leur mise en œuvre incertaine. L’étape de Montreux, en Suisse, qui devait relancer les discussions, n’a pas produit les résultats escomptés, et les engagements pris n’ont pas été pleinement respectés.
Des défis persistants pour la protection des civils
La détérioration de la situation humanitaire dans l’Est de la RDC est aggravée par la poursuite des combats et la présence de groupes armés, dont la rébellion de l’AFC/M23. Kinshasa accuse le Rwanda de soutenir cette rébellion, ce qui complique les efforts diplomatiques. Malgré les multiples cycles de discussions, les positions restent éloignées, et les engagements pris lors de réunions comme celle de Montreux n’ont pas été pleinement respectés. La communauté internationale est appelée à agir de manière coordonnée pour réduire le fossé entre les avancées diplomatiques et les réalités du terrain, afin de protéger les populations civiles prises au piège du conflit. La flambée d’Ebola mentionnée par Fu Cong ajoute une dimension sanitaire critique à cette crise, rendant l’arrêt des hostilités d’autant plus urgent pour permettre l’accès humanitaire et la lutte contre l’épidémie.
Article Ecrit par Amissi G
Source: Actualite.cd
