La localité de Batakirwa, dans le groupement Bafuna, territoire de Walikale au Nord-Kivu, reste marquée par l’insécurité après des affrontements entre deux factions rivales du groupe armé Uhuru RDC. Plus d’une semaine après leur fuite, de nombreux déplacés civils n’ont pas regagné leurs villages, en raison de la présence persistante de combattants dans la zone.
Les violences ont poussé des habitants à quitter leurs localités pour se réfugier dans la brousse et dans des villages voisins. Le retour demeure bloqué pour une grande partie de ces familles, qui disent craindre une reprise des combats. La situation concerne notamment les villages d’Iseya, Bubere, Buringa, Tusangwa et Kilambo, cités parmi les zones toujours affectées.
Batakirwa reste sous pression sécuritaire
Selon les témoignages recueillis, plusieurs villages restent contrôlés par les hommes de la faction dirigée par Mashite. Cette situation ferait suite aux récents affrontements avec la faction conduite par son rival Zidane, dans les environs d’Iseya et de Bubere. La présence de ces combattants continue d’alimenter la peur parmi les habitants qui ont quitté leurs maisons.
Dans cette partie du territoire de Walikale, l’insécurité empêche la reprise normale des activités. Les déplacés affirment vouloir rentrer, mais jugent les conditions actuelles incompatibles avec un retour. « Nous voulons rentrer chez nous pour reprendre nos activités agricoles et reconstruire nos vies, mais l’insécurité ne nous le permet pas », confie un déplacé.
Des déplacés civils sans retour possible
Les personnes ayant fui les affrontements vivent dans des conditions difficiles dans leurs lieux de refuge. Elles sont exposées aux intempéries, au manque de nourriture et à l’absence d’assistance. Cette situation prolonge la vulnérabilité des familles déjà contraintes d’abandonner leurs villages depuis plus d’une semaine.
Le blocage du retour est directement lié à la persistance des combattants dans les localités concernées. Les habitants redoutent de se retrouver de nouveau au milieu des combats si les factions rivales s’affrontent encore. Leur priorité reste la sécurisation de leurs villages avant toute reprise de la vie quotidienne.
L’appel au déploiement des FARDC
Face à cette situation, les déplacés demandent aux autorités congolaises de déployer les Forces armées de la République démocratique du Congo, ainsi que la Police nationale congolaise. Ils estiment que cette présence institutionnelle pourrait sécuriser la zone et faciliter leur retour dans les villages abandonnés.
Un autre déplacé formule cette demande en des termes directs : « Nous invitons les autorités à déployer les militaires FARDC et les policiers chez nous pour nous protéger car nous ne sommes pas sûrs avec les wazalendo qui sont là. Ils risquent de se battre encore et c’est nous qui serons victimes ».
Cette requête traduit une attente précise envers les autorités. Elle porte sur la protection des civils et la restauration d’un minimum de sécurité dans les localités touchées. A ce stade, les faits rapportés indiquent surtout une présence armée persistante et une population empêchée de rentrer.
Sept combattants tués selon des sources locales
D’après des sources sécuritaires locales, la rivalité entre les deux factions du groupe armé Uhuru RDC serait à l’origine des affrontements. Le bilan avancé fait état de sept combattants tués et de cinq blessés dans les deux camps. Ces chiffres concernent les combattants engagés dans les violences, selon les mêmes sources.
L’instabilité reste donc concentrée autour de cette rivalité armée et de ses effets directs sur les villages de Batakirwa. Les populations affectées attendent une intervention rapide des autorités pour rétablir la sécurité. En l’absence de conditions sûres, leur retour demeure suspendu à l’évolution de la situation sur le terrain.
Article Ecrit par Cédric Botela
Source: Actualite.cd
