La répression d’un sit-in de l’opposition, le vendredi 12 juin 2026, aux abords du Palais du Peuple à Kinshasa, a suscité une vive réaction de Carbone Beni, président du mouvement PACTE. Dans une déclaration rendue publique, cet acteur de la société civile a dénoncé des « scènes de brutalité » impliquant des éléments de la police à l’encontre de leaders politiques, de militants et de citoyens qui entendaient manifester pacifiquement contre le changement de la constitution.
Des violences documentées contre des opposants
Selon Carbone Beni, les images relayées montrent des policiers s’en prenant violemment à des responsables politiques, parmi lesquels Martin Fayulu, président de l’ECiDé, ainsi qu’à d’autres opposants « visiblement ciblés ». La déclaration fait état de blessés, d’arrestations arbitraires et de morts signalées, sans toutefois fournir de bilan chiffré précis. Ces faits constituent, selon lui, « un signal extrêmement préoccupant pour notre démocratie ». L’acteur civil a souligné que ces interventions se sont déroulées alors que les manifestants entendaient exercer un droit constitutionnel de manière non violente.
Un deux poids, deux mesures dénoncé
L’acteur civil a pointé une application sélective du droit de manifester. Il a rappelé que l’Église du réveil, certaines organisations et d’autres forces sociales avaient pu marcher librement pour soutenir le changement constitutionnel. Dès lors, a-t-il souligné, l’État et la police ont l’obligation de sécuriser également ceux qui s’opposent à ce changement, pour autant qu’ils manifestent de manière pacifique. « La démocratie n’est pas seulement le droit de soutenir le pouvoir ; c’est aussi le droit de le contester pacifiquement », a-t-il déclaré. Carbone Beni a insisté sur le fait que la liberté de manifester appartient autant aux partisans du régime qu’aux opposants, aux mouvements citoyens et aux organisations de la société civile qui défendent une autre opinion.
Une atteinte à l’image du régime
Carbone Beni a estimé que ces pratiques portent atteinte à l’image d’un régime qui s’est présenté comme réparateur des violations des droits humains commises sous Joseph Kabila. Il a mis en garde contre la reproduction de « méthodes de répression, d’intimidation et de brutalité » à l’égard de citoyens exprimant pacifiquement leur désaccord. La déclaration insiste sur la nécessité de ne pas traiter la contradiction politique comme une infraction. L’opposition, a-t-il rappelé, n’est pas l’ennemie de la République mais une composante essentielle de la démocratie. La police, selon lui, doit protéger les citoyens et non les humilier ou les empêcher brutalement d’exercer leurs droits constitutionnels.
Appel à des enquêtes et à la libération des détenus
Le président du mouvement PACTE a interpellé les autorités compétentes, le gouvernement, la hiérarchie policière et les institutions de la République pour qu’elles fassent preuve de responsabilité et de retenue. Il a demandé l’identification de toutes les personnes blessées ou arrêtées arbitrairement, la garantie de leur intégrité physique et leur libération lorsqu’aucune infraction réelle n’est reprochée. Il a également appelé à une enquête indépendante sur les violences commises, les morts signalées et les traitements infligés aux manifestants. Carbone Beni a souligné que la République démocratique du Congo est un État de droit et doit garantir la liberté de manifester, y compris à ceux qui s’opposent au changement de la Constitution.
Article Ecrit par Cédric Botela
Sources: actu30.cd, mediacongo.net
