L’Université des Sciences de l’Information et de la Communication (UNISIC) a accueilli, le vendredi 5 juin 2026, une conférence de haut niveau qui pourrait bien redessiner les contours de l’analyse communicationnelle en République Démocratique du Congo. Le Professeur David Pata Kiantwadi, Docteur en Sciences de l’Information et de la Communication, y a présenté la « communicométrie », une discipline émergente qui entend quantifier scientifiquement l’impact des messages et des interactions humaines. Une ambition qui soulève une question de fond : les outils de mesure promis peuvent-ils réellement transformer la manière dont les institutions congolaises communiquent avec les citoyens ?
Une discipline à la croisée des mathématiques et de l’intelligence artificielle
La communicométrie se définit comme une approche combinant mathématiques, statistique et intelligence artificielle pour modéliser et évaluer les processus de communication. Fruit de plusieurs années de recherches menées dans le cadre des enseignements de statistique à l’UNISIC et à l’université de Corse, cette nouvelle discipline ambitionne de fournir des outils scientifiques capables de mieux comprendre la circulation de l’information. Le Professeur David Pata Kiantwadi a souligné que cette approche permet de construire des indicateurs fiables pour évaluer la qualité des échanges, détecter les situations de surcharge informationnelle et améliorer les stratégies de communication. Une avancée qui pourrait s’avérer cruciale dans un pays où la défiance envers les messages officiels reste un défi majeur.
Un instrument d’aide à la décision pour les organisations
Au-delà de son intérêt académique, la communicométrie se présente comme un véritable instrument d’aide à la décision pour les organisations publiques et privées. En permettant d’évaluer scientifiquement l’efficacité des messages, elle pourrait aider les institutions à mieux cibler leurs communications et à renforcer la transparence. Pour les citoyens, cela pourrait se traduire par une information plus claire et plus pertinente, réduisant ainsi les risques de manipulation ou de désinformation. Le chercheur a également mis en avant plusieurs publications fondatrices, notamment Introduction à la communicométrie et Communicométrie organisationnelle (Tome 2), ainsi que les travaux du Centre de recherche « LaPsyCom » sur la métrologie appliquée et la documentation scientifique.
L’UNISIC lance « Instant Recherche » pour valoriser la production intellectuelle
Cette conférence a également marqué le lancement officiel d’« Instant Recherche », un nouveau rendez-vous scientifique mensuel initié par l’UNISIC. L’objectif affiché est de promouvoir la production intellectuelle et les échanges académiques au sein de l’institution. La prochaine édition, prévue le 26 juin, sera animée par le Professeur ordinaire Jean-Claude Matumweni Makwala, qui proposera une lecture approfondie de la symbolique à travers sa trilogie littéraire « Ceci n’est pas » (qu’une dent). Une initiative qui témoigne de la volonté de l’université de s’imposer comme un pôle de réflexion critique, dans un contexte où la recherche congolaise peine souvent à se faire entendre sur la scène internationale.
Reste à savoir si ces outils de mesure pourront être déployés à grande échelle et s’ils parviendront à influencer concrètement les pratiques communicationnelles des acteurs publics. La communicométrie ouvre en tout cas un champ de réflexion prometteur, à condition que ses applications restent au service de l’intérêt général.
Article Ecrit par Chloé Kasong
Source: Eventsrdc
